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Gorilles dans la Brume, Dian Fossey, cela vous dit quelque chose. Vous voulez voir sa tombe ou
découvrir ses protégés. Alors venez au Rwanda.
Virunga en kinyarwanda veut dire Volcan. Le parc des volcans se trouve au nord du Rwanda, à la
frontière avec la république démocratique du Congo (ex-Zaire). Il s'agit d'une chaîne de plusieurs volcans, dont je vous avais déjà parlé lors de la découverte de Gisenyi.
L'encyclopédie Encarta de Microsoft nous apprend que « Séparant les hauts plateaux de l'Afrique orientale du bassin du Congo, la chaîne des Virunga est le témoin des
manifestations volcaniques qui ont accompagné la naissance de la Rift Valley. La lave solidifiée a formé un barrage naturel au sud-ouest, derrière lequel se sont accumulées les eaux
du lac Kivu. Huit volcans se succèdent sur un axe nord-est / sud-ouest : le Muhavura (4 127 m) et le Gahinga (3 474 m) forment la frontière entre le Rwanda et l'Ouganda ; le Sabinyo
(3 534 m) se trouve à l'intersection entre les trois pays ; le
Visoke (3 711 m)et le Karisimbi, dont le sommet (4 507 mètres) est le point culminant de la chaîne, sont aux confins du
Rwanda et de la République démocratique du Congo ; le Mikeno (4 437 m), le Nyamuragira (3 056 m) et le Nyiragongo (3 470 m), les deux derniers volcans actifs, s'élèvent sur le territoire de la
République démocratique du Congo.
Les monts Virunga jouent un rôle essentiel de château d'eau. La chaîne reçoit des précipitations
abondantes que piègent la forêt tropicale et les formations primaires de bambous, au-dessus desquelles s'étend, à partir de 3 000 m, une prairie moussue. Au-delà de 4 000 m domine un
paysage de coulées de lave cordée noire. La forêt est le refuge de la moitié des quelque 600 gorilles de montagne qui peuplaient encore la planète en 1994 et qui, depuis, ont été victimes des
braconniers. Le parc national des Volcans, côté rwandais, abrite le centre de recherche de Karisoke, associé au travail de la scientifique Dian Fossey, et trouve son prolongement sur le
territoire de la République démocratique du Congo, dans le parc national des Virunga, établi en 1925. Mais dans une zone déjà très peuplée, l'afflux de réfugiés, consécutif à la guerre civile au
Rwanda, puis aux combats en République démocratique du Congo, a accéléré la déforestation et le défrichage des basses pentes, le bois étant utilisé comme combustible. »
Le parc des Virunga est aussi le dernier refuge des gorilles de montagne, menacés de disparition.
Une personne qui a beaucoup voyagé m'a dit qu'elle a vu deux choses impressionnantes : Les baleines dans l'arctique canadien et les gorilles de montagne au Rwanda. Rencontrer le
dos argenté (le mâle dominant) est un fait inoubliable. Trois fois plus imposant qu'un homme, il est malgré tout pacifique et tolérant. Ces gorilles partagent 97% de leurs gènes avec les humains.

Si ces gorilles sont encore vivants, on le doit beaucoup à Dian Fossey, qui a été assassinée dans son centre de recherche dans le pars et qui y est maintenant enterrée, auprès du
cimetière des grilles. Comme annoncé plus haut, Fossey devint célèbre après le film lui étant consacré : « Gorilles dans la Brume », situé et tourné dans le parc même. Le succès du
film a favorisé une prise de conscience internationale sur le danger encouru par les gorilles de montagne, dont le nombre a crû de 250 dans les années 70 à 400 en 2001. Environ la
moitié de la population mondiale vit sur les pentes rwandaises des Virunga, où 5 groupes habitués de 7 à 40 individus peuvent être
observés par un maximum de 36 touristes par jour. Bien entendu, pour décourager le tourisme de masse et financer leur protection, les permis de visites sont
chers (environ 450 CHF par personne). De même les gens malades ou les enfants de mois de 14 ans sont interdits de visite. Comme ils sont très proches génétiquement de l'humain, ces gorilles peuvent contracter
nos maladies.
Depuis maintenant 3 ans, chaque année a lieu une cérémonie de baptême pour les nouveaux-nés. Ainsi,
on peut parrainer un gorille sous diverses formes. Le plus simple va d'un don symbolique à un parrainage exclusif à plusieurs dizaines de milliers de dollars. Il y a eu récemment des jumeaux. La mise minimale
d'enchère pour leur parrainage était à 1 million de dollars.
En septembre dernier, je suis allé à la rencontre des ces gorilles de montagne en compagnie de mes
parents. Rendez-vous matinal à 7h du matin à centre touristique avec les touristes ayant obtenu le sésame
de visite pour la journée. Nous avons le choix entre 5 familles de gorilles, la famille la plus réputée étant le groupe Susa (mais également situé à environ 3h de marche). Ayant déjà deux journées de marche dans
les jambes (A la découverte du Karisimbi, qui vous sera présenté pour la saison 2007), nous optons pour un groupe plus proche, le groupe Amahoro
(qui veut dire paix en Kinyarwanda), qui se trouve sur le versant nord du volcan Visoke. Le ciel est gris, il a plu durant la nuit.
L'approche jusqu'à l'entre de la zone protégée se fait en voiture, sur une piste tout sauf prévue pour les voitures. Avec la boue et les pierres mouillées, la conduite n'est qu'une partie
de plaisir (si si, croyez-moi, surtout pour les passagers).

Le reste se fait ensuite à pieds, sous bonne escorte militaire. Nous sommes à moins de 5 kilomètres de la frontière avec le Congo (ex-Zaire) et sa province du Nord Kivu, ou les
combats font rage entre les rebelles dissidents de Laurent Nkunda contre l'armée congolaise d'une part et les FDLR, hostiles au gouvernement rwandais actuel d'autre part qui tentent des infiltrations.

Nous avons dans notre groupe une famille de touristes venue des Philippines. Ces derniers devaient croire qu'ils allaient voir des gorilles dans un zoo, car il n'ont aucun équipement
contre la pluie et le froid et sont chaussés de souliers de ville. Avec la pluie légère et la boue (ce ne sont pas des sentiers de tourisme pédestre bien propres et aménagés comme en
Suisse), cela tenait parfois du patinage artistique.

Nous grimpons le versant du volcan Visoke pour atteindre une altitude de 2800 mètres environ. Nous contournons la montagne et entamons une légère descente en direction du
volcan Mikeno (4437m) que l'on aperçoit, situé au Congo. Après 1h30 de marche dans la forêt tropicale d'altitude, nous apercevons enfin les pisteurs qui nous attendaient. Ils avaient
repéré le groupe dès le matin pour nous.

Les consignes sont alors données : plus de parapluie, plus de canne, plus de sac à dos, interdiction de boire ou manger (pas de natel c'est évident, mais de toute façon, on est hors
couverture du réseau). Pas de cris ni de geste brusque. Rester à distance des gorilles. Si un gorille s'approche de nous, ne pas s'affoler et s'accroupir, afin de ne pas être plus grand
que le primate. Les photos sont autorisées, mais sans flash (Les guides auraient aussi dû dire pas de grand chapeau). Nous avons maintenant une heure chrono pour nous approcher
des animaux et les contempler (ceci afin d'éviter une exposition trop longue aux humains et une domestication). Et heureusement pour nous, la pluie s'est aussi arrêtée pour une heure.
Je vous laisse profiter du spectacle :







A un moment donné, un jeune singe un peu trop curieux s'est approché de nous. Nous nous sommes accroupis. Il fut alors intrigué par mon grand chapeau en cuir. Il s'approcha de
moi et s'accroupi à ma gauche. Il pris sa main droite et la posa sur mon dos, près de la nuque, puis s'empara de mon chapeau (je l'imaginais déjà partir dans la brousse avec son
précieux butin). Au contraire, il contempla quelques instant son nouveau jouet, puis le lança aux pieds du guide (ouf, mon chapeau est sauf, moi, c'est encore une autre histoire). Il
mis alors à nouveau son bras droit sur de mon dos, jusqu'à ce que sa main aie complètement fait le tour de mon cou pour venir se poser sur ma joue droite et mes lèvres (va-t-il
encore m'embrasser ?). Je dois vous dire qu'à ce moment là je n'étais pas très rassuré. Le garde me disait de laisser faire et de ne pas bouger, qu'il n'y avait aucun risque (mais bon,
c'est facile à dire). Ce qui m'a impressionné durant cette expérience unique, c'était la douceur extrême de la paume de la main du primate tout comme de ses poils (encore plus que
nos propres mains). Une vraie peluche. Et malgré son poil mouillé par la pluie, il n'y avait pas de mauvaise odeur (sa main étant à quelques centimètres de mon nez).


Après une heure de spectacle, il nous a fallu reprendre le chemin du retour vers la plaine et recevoir notre diplôme. Mais que
d'émotions et quelle chance j'ai eue d'avoir pu contempler de si près cette espèce en voie de disparition.
Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ces gorilles et les projets lancés pour leur sauvegarde, ce ne sont pas les sites web
qui manquent.
A la conquète du Karisimbi
Afin de laisser un souvenir fort à mes parents de leur visite dans mon pays d'adoption le Rwanda, en plus
de la rencontre avec les gorilles, nous avons décidé de tenter l'ascension du plus haut sommet du Rwanda, le Karisimbi qui culmine à 4507 mètres.
Nous avions rendez-vous en ce matin de septembre vers 9h avec notre guide au centre touristique de Kinigi (1700 mètres d'altitude environ). Après encore quelques minutes de voiture
, nous arrivons à l'entrée du parc. C'est ici que nous rejoignent les porteurs et notre escorte militaire (pour notre sécurité). Nous sommes à environ 2200 mètres d'altitude.

La randonnée commence, d'abord par une ascension légère jusqu'au pied du Visoke, à une altitude de 3000 mètres.
Nous entrons alors dans le territoire où se trouvent les 3 familles de gorilles étudiées pour la recherche et non
accessibles pour les visites touristiques. Nous aurons la chance de les entendre, une des familles étant non loin du sentier.
Après quelques mètres supplémentaires, nous arrivons à ce qui fut le terrain de foot de Dian Fossey et ses chercheurs. A quelques mètres de là se trouvent sa tombe et celle de ses
gorilles ainsi que les restes de son centre de recherches. Nous ne pourrons voir ces lieux, car il sont soumis à un autre permis de visite (business oblige) et la forêt revient vite très dense.
Il est 13 heures environ, nous continuons l'approche vers le Karisimbi, avec l'ascension vers le premier plateau. Le temps est gris, sans pluie et pas trop chaud, bref idéal. Les
sommets sont dans les nuages. Arrivés sur le premier plateau, nous apercevons enfin dans le lointain le sommet du Karisimbi et son antenne (projet d'antenne de communication et
télé radiodiffusion pour l'ensemble du Rwanda).

Le souffle devient plus court, les effets de l'altitude se font de plus en plus sentir, la fatigue nous guette. Chaque dénivelé important
devient de plus en plus difficile. Dans le lointain, le guide nous montre un point qui brille, c'est le toit du refuge qui nous attend pour la
nuit. Nous traversons le plateau, continuons à monter et passons maintenant plus haut que le sommet du Visoke, sur notre droite.

Enfin, vers 17h, après plus de 6 heures de marche d'approche et un dénivelé de plus de 2000 mètres, nous voici arrivé au refuge à environ 3800 mètres d'altitude et pouvons
contempler le paysage avec le village de Kinigi, enfoui dans la plaine tout au loin, masqué par la brume.
Nous voici au pied du volcan, la difficulté pour le lendemain.
Ce soir-là, nous aurons l'honneur d'inaugurer le refuge dont la construction vient de se terminer les jours précédents (les déchets de bois nous servant même pour le feu du soir). Cela
peut paraître rudimentaire comme refuge, n'empêche que cela fut bien utile pour ce qui nous attendait durant la nuit.
Au programme du lendemain : départ à 6h pour la fin de l'ascension qui devrait encore nous prendre 2h30 pour atteindre les 4500 mètres avant un retour dans la plaine en plus de 6h
de descente. Vu la fatigue, le froid, le vent et la nuit tombant rapidement, la tente est vite montée et nous sommes couchés vers 18-19h.
Malheureusement, peu après l'orage se lève : Vent violent, éclairs, tonnerre, trombes d'eau. Je vois 22h à ma montre, puis minuit, puis 1h, puis 2h etc. Enfin l'orage s'arrête, le froid
est terrible (imaginez après plus de 4 ans passé en Afrique) et j'ai l'impression que le réveil sonne en même temps à 5h30. Bref, je n'ai presque pas fermé l'œil de la nuit, tout comme
l'équipe qui est avec moi. Et les problèmes de respiration en altitude n'ont pas non plus aidé. L'autre surprise en ouvrant la porte de la tente, c'est que nous sommes entourés d'un
brouillard dense qui nous empêche de voir à plus de 50 mètres.
Bref, la décision est vite prise : l'ascension finale du Karisimbi est trop dangereuse vu les conditions et il ne nous reste plus qu'à entamer les 5h de descente vers la plaine. La pluie
reprend légèrement et la descente s'effectue dans des ruisseaux plus que sur un sentier.
Mais bon, nous sommes sous bonne escorte et les porteurs sont rôdés (pour 3 touristes, pas moins de 12 personnes nous accompagnaient)
Certes, nous n'avons pas atteint notre objectif, mais néanmoins cette expérience au milieu des volcans rwandais, sous tente à presque 4000 mètres restera un moment fort de mon
séjour au Rwanda. A titre de revanche.
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