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Kamembe
Installée au bord du lac Kivu, la petite région de Cyangugu vit à la frontière de deux mondes : Le Rwanda et la RDC (République
démocratique du Congo). On pourrait même dire de 3 mondes, puisque la rivière Rusizi fait communiquer le lac Kivu avec le lac Tanganyika et le Burundi.
De l'autre côté de la rivière Rusizi, la ville frontière congolaise de Bukavu (aussi malheureusement connu pour tous les massacres
perpétrés dans cette région encore troublée du Sud Kivu congolais) avance sur une presqu'île qui ressemble à un navire amiral ancré dans le port de Kamembe.
En arrivant de Kigali, la route entièrement goudronnée est merveilleuse, en traversant la forêt de Nyungwe et les plantations de thé.
La ville de Kamembe elle-même n'a pas de charme particulier, mais elle est le départ de nombreuses excursions (si la sécurité le permet) dans la forêt, sur les rives du lac, vers les
usines électriques sur la Rusizi ou les usines à thé.
La forêt naturelle de Nyungwe

Classée par les autorités rwandaises, elle est à la fois une grande réserve botanique et un sanctuaire pour
les animaux comme les singes (13 espèces répertoriées) et plus de 150 espèces d'animaux. C'est une des dernières forêts primaires d'altitude en Afrique, s'étalant de 1700 à 3000 mètres d'altitude. C'est ici
qu'on trouve la tribu Twa (la tribu la plus ancienne au Rwanda et qui représente moins de 1% des rwandais, le reste étant comme tout le monde le sait maintenant les Tutsis et les Hutus). De la forêt partent les
rivières Mbirurume, Gatare et Kaganda qui comptent parmi les sources les plus éloignées du Nil. D'ailleurs une des crêtes de la forêt sert de ligne de partage hydraulique de l'Afrique. Sur le versant Ouest les eaux
vont dans le fleuve Congo qui se jette dans l'Océan Atlantique Sud et sur le versant Est, les eaux vont dans le Nil qui se jette en Méditerranée.

C'est aussi la dernière région du pays qui n'est pas cultivée et l'exploitation de la forêt y est interdite. Mais
pour le gouvernement, la lutte contre le braconnage et le défrichage est quotidienne. Le long de la route, les
nombreuses cabanes pour militaires et les patrouilles rappellent au touriste si besoin est que la zone est ultra protégée et surveillée (n'oublions pas non plus que le Congo et le Burundi ne sont pas loin). A la
périphérie de la forêt, le vaste programme de reboisement initié au début des années 1970 se poursuite. Il existe aujourd'hui une véritable ceinture de reboisement avec des arbres à croissance rapides, comme des
pins, des cyprès et des acacias qui servent de bois de chauffage efficace pour la population riveraine.
Trois explorateurs identifient la source la plus lointaine du Nil au Rwanda
FORET DE NYUNGWE (Rwanda), 3 avril 2006 (AFP)
Au cours d'un voyage de 80 jours, une équipe d'explorateurs britannique et néo-zélandais a remonté le Nil
pour arriver pour la première fois jusqu'à ce qu'ils ont identifié comme sa source la plus lointaine, au coeur
de la forêt de Nyungwe au Rwanda. Neil McGrigor, un Britannique de 44 ans, et Cam McLeay et Garth
MacIntyre, deux Néo-Zélandais de 43 ans, sont arrivés vendredi dans la forêt, là où un filet d'eau jaillit d'un
trou vaseux à une altitude de 2.428 mètres. Ils ont effectué les cinq derniers jours de leur voyage à pied,
faute d'un volume d'eau suffisant pour pouvoir continuer en bateau. Les trois explorateurs ont identifié ce
filet d'eau comme étant à la fois la source de la rivière Rukarara et la source la plus lointaine du Nil. "Nous
avons mesuré le fleuve de façon précise pour la première fois et nous avons trouvé qu'il était long de 6.718
kilomètres", affirme M. McGrigor. Le Nil était jusqu'ici considéré comme long de 6.611 kilomètres.
Les sources du Nil ont toujours fait l'objet de controverses.
Le lac Victoria, partagé entre l'Ouganda, la Tanzanie et le Kenya, est généralement considéré comme la
source du fleuve Nil. La rivière rwandaise Rukarara se déverse dans la rivière Kagera, qui elle-même se déverse dans le lac Victoria. Equipés à la fois de cartes coloniales et d'images satellitaires, les
explorateurs avaient quitté la côte méditerranéenne de l'Egypte - point de départ de leur expédition - le 20
septembre 2005. De l'Egypte, les trois hommes se souviennent surtout de la bureaucratie et du policier
censé les escorter qui a fini par tomber dans les eaux du Nil. "Il était là, en uniforme, de l'eau jusqu'à la
taille, de l'eau qui dégoulinait de son pistolet", se souvient M. McLeay en souriant. Au Soudan, le Nil est
devenu moins hospitalier, même pour M. McLeay, qui a passé une bonne partie de sa vie à naviguer sur les rapides. "Il y a eu un moment aux rapides Fola au sud du Soudan où je
me suis dit qu'on avait visé trop haut", avoue-t-il. Plus dur encore que les rapides fut la traversée du marécage du Sud, au Soudan toujours. "Pendant 1.000 kilomètres, tu ne vois rien
d'autre que des papyrus hauts de quatre mètres", explique M. McGrigor. Lorsque l'équipe hésitait sur l'embranchement à prendre, elle suivait les conseils des habitants de la région et
choisissait les rives empruntées par les jacinthes d'eau. Mais c'est au sud de l'Ouganda que l'expédition a viré au drame début novembre 2005. L'équipe utilisait alors un bateau
gonflable tiré par un petit avion pour transporter les équipements au-dessus des rapides du parc de Murchison. M. McGrigor s'est cassé la jambe pendant cette opération délicate. Un
ami des trois hommes basé à Kampala, Steve Willis, un Britannique, est ensuite venu les secourir. Le lendemain, l'expédition a été victime d'une attaque des rebelles ougandais de
l'Armée de résistance du seigneur (LRA), connue pour ses exactions contre les civils. Steve Willis a été tué lors de l'accrochage et les trois explorateurs blessés. Afin de consacrer
du temps à la famille de M. Willis et pour se remettre de leurs blessures, les trois hommes ont interrompu l'expédition en novembre 2005 pour la reprendre début mars. En dépit de
cet incident, ils garderont des images positives de ce périple. "Ce qu'il y a de merveilleux avec le Nil, c'est la diversité des paysages. On a l'Egypte et son histoire. On passe du
désert aride à la végétation tropicale (puis) à la savane", explique M. McLeay avec enthousiasme. Après avoir passé du temps avec leurs familles respectives, les trois explorateurs
comptent repartir pour "une autre expédition complètement différente, ailleurs en Afrique".
Et pour terminer, laisser mois vous présenter l'office des cases postales de Kamembe

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