Histoire du Rwanda

 

Comme le Rwanda est un pays considéré en paix depuis quelques années, la vie est presque normale comme dans un pays en paix. Cela veut donc dire aussi que les activités du Comité International de la Croix-Rouge sont moindres et ne s'inscrivent maintenant plus dans l'urgence (pour plus de détails, www.cicr.org, rubrique Rwanda). Cela veut donc dire aussi moins d'histoires palpitantes à raconter comme ce fut le cas pour l'Afrique de l'Ouest. Ici, le téléphone marche, il y a l'eau et l'électricité, le gouvernement est respecté par son peuple (mais a-t-il le choix ?). Si je veux me déplacer, je peux le faire en voiture sans problème et sans check-points, exceptés ceux de la police pour vérifier vos papiers et ceux du véhicule ainsi que les excès de vitesse (comme il n'y a pas de radar, l'excès de vitesse sur fait sur l'appréciation du policier, et que sur une route limitée à 80 km/h vous rouliez à 70 km/h ou 150 km/h, le policier est seul arbitre pour déclarer l'excès de vitesse et l'amende est forfaitaire à 120 CHF, ce qui est énorme par rapport au revenu d'un Rwandais). Sur tous les grands axes, les routes sont goudronnées, donc cette fois il n'y aura pas (ou en tous cas moins) de pistes désertiques comme en Ethiopie, ou des routes impraticables, comme au Libéria. Le pays étant plus petit, il y a moins de diversité dans les traditions locales, donc pas de risque des trouver des Mursi comme en Ethiopie. Mais alors, si il n'y a rien de palpitant à dire, de quoi vais-je bien pouvoir vous parler. Et bien de la vie quotidienne et de comparaisons au travers divers articles de presse, mais surtout de tourisme. Car dans sa vision 2020 (prononcer vingt-vingt) le gouvernement rwandais entend développer son tourisme (parc des gorilles, chauves-souris géantes, volcans, lac sulfureux, réserve naturelle de l'Akagéra, musée national, mémorial du génocide…). La visite des prisons surpeuplées du Rwanda n'est pas encore au programme (excepté pour quelques ayant droits pouvant montrer non pas patte blanche, mais croix-rouge…).

Mais avant de parler tourisme, intéressons-nous au passé de ce petit pays pour tenter de savoir pourquoi le Rwanda est devenu ce qu'il est aujourd'hui.

Fable

Dans la mythologie rwandaise, le roi Gihanga avait trois fils : Tutsi, Hutu et Twa. Il donna à chacun de ses fils une jarre de lait avec l'instruction de la garder soigneusement jusqu'au jour suivant. Lorsque vint la nuit, Twa eut  soif et  décida  de boire son lait. Hutu s'endormit mais lors de son sommeil,  sa tête  heurta la jarre et le lait se répandit sur le sol. Seul Tutsi réussit à garder son lait jusqu'au matin. Le roi décida que Twa, qui avait  clairement  désobéi, devait être puni ; en conséquence, il ne serait plus  autorisé  à posséder du bétail et souffrirait de la faim de temps en temps. Hutu, qui n'avait pas pris soin de sa jarre de lait, pourrait garder les troupeaux uniquement s'il travaillait pour Tutsi. Quant à Tutsi, le roi le récompensa en lui donnant tout le bétail et le pouvoir. Il était le seul qui  avait su  garder  son lait  jusqu'au  matin (le lait représentant le Rwanda).

Époque précoloniale

Lors de la colonisation, les ethnologues européens et pères blancs de l'Église catholique contribuèrent à diffuser une histoire du Rwanda, aujourd'hui largement remise en cause. Les premiers habitants auraient été des Pygmées, certainement des ancêtres des Twa actuels.

GuerrierLes premiers signes de présence humaine au Rwanda datent de 1000 ans av. J.-C. Des archéologues ont découvert les traces d'une civilisation maîtrisant le fer et la poterie. Les ethnologues et pères blancs affirment que cette population venait de l'actuelle République démocratique du Congo. C'est à cette époque là qu'ils considèrent que les tous premiers Hutu (originaires de l'Ouest) et Tutsi (originaires du Nord) sont arrivés dans l'actuel Rwanda.

C'est vers le Xe siècle que le Rwanda commence à se transformer en une véritable nation.

Pour les pères blancs le Rwanda était divisé, jusqu'à l'arrivé des premiers colons, en trois groupes :

  • les chefs de sol, principalement des Hutu;
  • les chefs de pâturages, des Tutsi;
  • les chefs des armées, également des Tutsi.

Cette catégorisation est aujourd'hui remise en cause. La réalité est bien plus complexe, les catégories hutu, tutsi, twa étant variables, non figées (on pouvait plus ou moins passer d'un groupe à l'autre selon les mariages et les biens que l'on avait) et n'étant qu'un critère parmi d'autres. Rappelons qu'il n'y a pas de différences « ethnique » puisque l'ensemble de la population partageait la même langue, même religion et même culture.

Époque coloniale

Les premiers européens qui évoquèrent le Rwanda dans leurs récits indirects furent Richard Burton et John Hanning Speke, au milieu du XIXe siècle. Ce pays est également évoqué en 1885 lors de la conférence de Berlin par Henry Morton Stanley.

Après la brève incursion de 4 jours en 1892 d'un explorateur autrichien, en 1894 le comte allemand Gustav Adolf von Götzen entre officiellement au Rwanda à la tête d'une troupe de 620 soldats. Le Rwanda est ainsi probablement le dernier pays découvert et colonisé en Afrique par les Européens.

En 1916, pendant la Première Guerre mondiale, les Belges chassent les Allemands du Rwanda et occupent à leur tour le pays. En 1919 le Traité de Versailles attribue le Rwanda Rivièreà la Belgique, et en1924 la Société des Nations confie à la Belgique un mandat de tutelle sur ce pays. Le gouvernement colonial s'appuie sur les autorités locales en place, le Mwami Yuhi Musinga et l'aristocratie tutsi.

En 1931, Yuhi Musinga, qui refuse de se faire baptiser, est obligé de partir en exil dans l'actuelle République démocratique du Congo. La Belgique confit le pouvoir à son fils le Mwami Mutara Rudahigwa, converti au catholicisme. La Carte d'identité ethnique est instituée.

Les missions catholiques prennent de plus en plus d'importance dans le pays. Elles se chargent de l'éducation sur tout le territoire.

En 1956, Mutara Rudahigwa commence à demander l'indépendance du pays auprès de l'ONU.

C'est également dans les années cinquante que la question de « l'ethnie », concept inventé par les ethnologues européens , et la question dite « ethnique » est devenu « raciale » avec l'idéologie et la propagande politique diffusée par l'Église et les hommes politiques.

L'indépendance

Histoire 003Le 25 juillet 1959, Mutara Rudahigwa meurt dans des conditions mystérieuses. Kigeli V Ndahindurwa est alors placé au pouvoir par les conseillers de Mutara Rudahigwa. Avec le soutien de l'Église, les Hutu refusent cette succession. Ils veulent être intégrés au nouveau gouvernement. Des manifestations dégénèrent en révoltes après l'assassinat d'un homme politique hutu. Les Tutsi étant en minorité, ils sont pourchassés et massacrés, le pays plonge alors en pleine guerre civile.

En 1960, l'ancien gouvernement de Kigeli Ndahindurwa quitte le pays vers l'Ouganda, ainsi que plus de 200 000 tutsi.

En janvier 1961, un référendum est organisé, 80% des votants veulent la mise en place d'une république.

En septembre 1961, le parti politique hutu, Parmehutu, obtient 78% des sièges de l'Assemblée nationale du Rwanda. Le 26 octobre 1961, Grégoire Kayibanda devient le premier président de la République du Rwanda.

Le Conseil de tutelle de l'ONU insiste pour que la Belgique proclame l'indépendance du Rwanda. C'est chose faite le 1er juillet 1962.

La première République hutu

Les événements de décembre 1963

Les Tutsi exilés essayent de revenir sur le territoire rwandais par la force en 1963 : ils échouent. De nouveaux massacres sont commis contre les tutsi vivant au Rwanda.

Les événements de 1973

Une campagne d'épuration ethnique dans l'enseignement Juvénal Habyarimana

À la suite d'une violente campagne anti-tutsi dans les institutions scolaires, en juillet 1973, Grégoire Kayibanda est destitué par son ministre de la défense, le général Juvénal Habyarimana. Une nouvelle vague de Tutsi prendront le chemin de l'exil à la suite de ces événements.

Le coup d'état de Juvénal Habyarimana

Grégoire Kayibanda et une grande partie de son dernier gouvernement mourront en prison, faute de soin.

La deuxième République hutu

Les années de séduction

Après son coup d'état, le général Juvénal Habyarimana semble ne plus vouloir pratiquer la politique de discrimination ethnique de Grégoire Kayibanda, empêchant les Tutsi d'accéder à des postes de responsabilité politique. Pourtant, il applique un système de quotas. Seulement 10% des Tutsi seront admis dans les écoles, les universités et les emplois et presque aucun Tutsi n'accèdera à un poste de maire ou de préfet. Si quelques Tutsi réussirent à se développer économiquement en sachant habilement prendre de l'ascendant sur le pouvoir, comme Valens Kajeguhagwa (ami de Pasteur Bizimungu qui deviendra membre de l'Akasu), d'autres payèrent leur succès en subissant emprisonnements arbitraires et confiscation de leurs biens. Valens Kajeguhagwa finira par subir le même sort avant de s'enfuir rejoindre le FPR avec Pasteur Bizimungu.

En1975, Juvénal Habyarimana fonde son parti, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND). En 1978, il change laConstitution et fait adopter un régime à parti unique.

Malgré sa dictature, Juvénal Habyarimana réussira à séduire les démocraties occidentales et à faire passer son pays pour la « Suisse de l'Afrique ». L'aide internationale au développement arrivera.

Les travaux collectifs « umuganda », service civique imposé le samedi, sont utilisés pour stimuler des actions de développement. De nombreux projets de développement, facilités par des jumelages avec des collectivités locales européennes (Belgique, France, Allemagne, Suisse, etc) soulignent ces bonnes relations entre l'Europe est le Rwanda. Kigali - Nyamirambo

Les Eglises sont très actives aussi dans ces projets. Le Pape se rendra au Rwanda très catholique en septembre 1990.

Sous la pression de la « communauté internationale », notamment du discours de La Baule de François Mitterrand le 20 juin1990, Juvénal Habyarimana abandonne le 5 juillet1990 la présidence de son parti unique et décide de changer la Constitution pour donner naissance à une démocratie en autorisant la création de partis politiques.

L'attaque des exilés Tutsi le premier octobre 1990

Les exilés tutsi s'organisent et créent le Front patriotique rwandais (FPR). Le 1 octobre 1990, venant de l'Ouganda, le FPR entre en force au nord du Rwanda. Le Président Habyarimana appelle la France à le soutenir. Des troupes françaises sont envoyées dès le 4 octobre1990 pour soutenir le Président Habyarimana.

Sur le terrain la progression du FPR fut marquée par les déplacements massifs des populations hutu de Byumba et Ruhengeri, fuyant les combats ou incitées par les FAR (Forces armées rwandaises, l'armée du régime) à les suivre dans leur retraite. Environ un million de personnes furent déplacées. Ce déracinement fut propice au recrutement d'Interahamwe parmi les jeunes. Le régime diabolisait le FPR pour éviter que les populations soient séduites par ces nouveaux venus. Les FAR étaient positionnées parmi ces populations et des civils furent tués dans les combats avec le FPR. Par exemple, à Mulindi, qui devint le quartier général du FPR, les FAR s'étaient retranchées dans l'"usine à thé" pour se battre contre la progression du FPR. L'usine fut pilonnée par le FPR et beaucoup d'employés, Hutu comme Tutsi, furent tués.

Le général Dallaire raconte comment il a vu le Colonel Bagosora bloqué sur une route au milieu de mines posées trop tôt par les FAR alors qu'il rentrait d'une négociation avec le FPR.

D'une manière générale les FAR attribuèrent au FPR tous les morts de ces combats. Elles les accusent d'avoir massacré et déporté les populations hutu.

Les massacres de Tutsi de l'intérieur

Parallèlement les autorités de Kigali ont entamé dès octobre 1990 une politique de traque des Tutsi à l'intérieur du Rwanda. Plus de 10 000 Tutsi sont emprisonnés. La majorité d'entre eux échappe aux exécutions envisagées grâce aux interventions de la communauté internationale et des ONG. L'ambassadeur de Belgique prendra spectaculairement et courageusement la parole au nom des Droits de l'Homme au milieu de milliers de Tutsi détenus dans la stade Amahoro à Kigali. Malgré ces interventions, plusieurs dizaines de prisonniers succombèrent aux tortures pendant les interrogatoires dans les diverses prisons du pays.

Dans le Nord-ouest du pays le massacre des Bagogwe est organisé dans des camps où sont aussi installés les formateurs de l'armée française qui prétendent n'avoir rien remarqué. Ce massacre sera perçu comme une répétition du génocide. Les autres Tutsi sont traqués par leur voisinage, au gré de l'obéissance des autorités locales aux injonctions gouvernementales. La Fédération internationale des Droits de l'Homme fera deux rapports en 1992 et 1993 sur ces événements pré-génocidaires.

Des manifestations démocratiques à Kigali

Kigali - KBCLes efforts faits en Europe pour médiatiser et soutenir l'aide au Rwanda dans les années 1980 ont tissé un efficace réseau de solidarité européen, dans des opérations de jumelages et de coopération. Ce réseau aura beaucoup de mal à admettre l'évolution interne du régime Rwandais, d'autant plus que ces événements s'accompagnent d'un engagement vers le multipartisme et d'une poussée populaire demandant la démocratie.

Des manifestations publiques sont menées par les nouveaux partis de l'opposition. On verra jusqu'à cent mille manifestants dans les rues de Kigali en janvier 1992. Des manifestations auront aussi lieu dans d'autres villes. Ces mouvements étonnants, traduisent en fait une convergence de malaises dans le pays. Le Sud du pays se révolte contre l'accaparement du pouvoir par les Hutu du Nord et souhaitent que le FPR ne soit pas considéré comme un ennemi de l'extérieur. Ils demandent un gouvernement de transition pour redistribuer le pouvoir dans le pays et poursuivre des négociations véritables avec le FPR.

Les événements qui suivent apparaissent comme une reprise en main par le pouvoir enmars1992. Des massacres de Tutsi qui contiennent en germe les méthodes même du génocide, (Radio Rwanda interviendra dans l'appel au massacre), sont commis dans le Bugesera au sud-est du Rwanda. Les durs du régime créent la Coalition de défense de la République (CDR), et en même temps une milice nommée « Impuzamugambi » (ceux qui poursuivent le même but). Les milices Interahamwe, qui assimileront les autres milices pendant le génocide, sont aussi créées pendant cette période par le MRND, le parti du président.

Mais la ministre de l'Education nationale, Agathe Uwilingiyimana, une enseignante du sud du Rwanda, imposera un contrôle policier de la bonne tenue des examens. Beaucoup moins de jeunes hutu du Nord (la région du président) seront cette année là reçus aux examens. Un commando agressera Agathe Uwilingiyimana. Des milliers de Rwandaises braveront les menaces armées des Interahamwe dans la rue, se regroupant dans une manifestation par solidarité avec Agathe Uwilingiyimana à la fin de l'été 1992.

Les accords d'Arusha

A partir de 1992, les négociations d'Arusha, conduites en Tanzanie avec le FPR et dont les accords sont signés en août 1993, prévoient à terme l'intégration politique et militaire des différentes composantes internes et externes de la nation rwandaise. L'armée française se retire fin 1993, conformément aux négociations d'Arusha, pour laisser l'ONU déployer au Rwanda une mission de paix, la Minuar. Un détachement de six cent soldats du FPR est autorisé par les négociations d'Arusha à s'installer au CND (parlement rwandais). À la stupeur de la Minuar qui craignait le pire lors de ce transfert, ce détachement est acclamé par la foule à son arrivée à Kigali le 28 décembre1993. Cet accueil chaleureux est sans doute un écho des manifestations de 1992 dans les rues de Kigali.

La mise en œuvre de ces accords est partiellement retardée par le président Habyarimana, dont les alliés extrémistes de la CDR (Coalition de Défense de la République) n'acceptent pas les termes. Madame Agathe Uwilingiyimana est choisie comme premier ministre pendant les négociations d'Arusha, mais en vertu des accords aurait du être remplacée depuis plusieurs mois par Faustin Twagiramungu.

Le génocide, d'avril à juillet 1994

Article détaillé : Le Génocide des Tutsi et les massacres de Hutus modérés

Je n'ai pas choisi d'être orphelinLe déclencheur visible du génocide est l'attentat contre les présidents rwandais et burundais, qui intervient dans ce contexte le 6 avril 1994. Cet attentat, dont les soldats Belges de la Minuar sont aussitôt accusés par la radio des mille collines, est ensuite attribué au FPR par les uns, aux extrémistes hutu par les autres et même aux Français selon des indices rapportés par Colette Braeckman, journaliste au journal Le Soir. Le lendemain le premier ministre, Madame Agathe Uwilingiyimana, les soldats belges de la Minuar qui assurent sa protection et des personnalités politiques modérées, susceptibles de faire échouer le projet génocidaire, sont assassinées par la garde présidentielle.Faustin Twagiramungu échappe de justesse aux tueurs grâce à la Minuar et est évacué en Belgique par les soldats belges.

A partir du 7 avril 1994, le projet génocidaire est exécuté par les extrémistes hutu de l'entourage du Président Habyarimana, constitués aussitôt après sa mort en gouvernement intérimaire sous l'instigation du colonel Bagosora. La plupart des membres de ce gouvernement intérimaire ont été jugés ou sont en cours de jugement devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Au moins huit cent mille personnes ont été massacrées, avec des méthodes et un acharnement particulièrement horribles. Ont été victimes à plus de 90 % des Tutsi, parce qu'ils étaient nés Tutsi ou des Hutu parce qu'ils étaient « modérés » et considérés comme complices des Tutsi ou suspectés d'être des Tutsi qui avaient fait modifier leur carte d'identité ethnique ou simplement avaient un faciès Tutsi, tel que défini par les théoriciens occidentaux des années 20.

Les autorités rwandaises évaluent aujourd'hui le nombre de tueurs directs à plus de cinq cent mille, sans compter cette partie de la population qui assistait, soutenait et profitait des crimes. Ce fut un génocide « populaire » encouragé heure par heure par la radio télévision des mille collines, créée à cette fin.

Cegénocide fut l'un des quatre génocides du XXe siècle reconnus par les institutions internationales et répondant à la définition juridique internationale.

Après le génocide

Une période de transition politique - 1994 à 2003

Le 4 juillet 1994, le FPR prend la capitale, Kigali, et constitue le 19 juillet un gouvernement sur la base des accords d'Arusha, première étape de la reconstruction de l'État rwandais. Une période de transition politique est décrétée.

Le président de la République est un ancien Hutu ayant rejoint le FPR, monsieur Pasteur Bizimungu, homme d'affaire, administrateur de banque, ayant occupé le poste de président directeur général de l'entreprise publique « Électro-Gaz » jusqu'au moment de sa fuite du Rwanda en 1990. Le Premier ministre est également d'origine Hutu, ainsi que plusieurs autres ministres, dont celui de la justice. Mais « l'homme fort » du Rwanda est le général major Paul Kagame, vice-président et ministre de la défense, co -fondateur du FPR, ancien exilé Tutsi en Ouganda.

L'un des problèmes les plus aigus après le génocide est de rendre la justice. Très vite ce sont 130 000 présumés génocidaires qui sont emprisonnés. Ils ne représentent qu'une faible proportion du nombre de tueurs. (cela équivaudrait en France à un million de prisonniers...) Il ne reste qu'une petite dizaine de juges et l'administration judiciaire est détruite. Beaucoup de rescapés vivent dans le voisinage des tueurs de leur famille. La question de la réconciliation est souvent mise en avant comme solution politique, très mal acceptée par les rescapés.

LeTribunal pénal international pour le Rwanda est constitué par l'ONU fin 1994 par la résolution 955 du Conseil de sécurité.[1] :

« 1. Décide par la présente résolution, comme suite à la demande qu'il a reçue du Gouvernement rwandais (S/1994/1115), de créer un tribunal international chargé uniquement de juger les personnes présumées responsables d'actes de génocide ou d'autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda et les citoyens rwandais présumés responsables de tels actes ou violations commis sur le territoire d'États voisins, entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994, et d'adopter à cette fin le Statut du Tribunal criminel international pour le Rwanda annexé à la présente résolution; »

Les opposants au FPR voient dans cette résolution une obligation pour le TPIR de juger aussi les auteurs de l'attentat du 6 avril 1994 contre les Présidents Habyarimana et Juvénal et Ntaryamira Cyprien et d'autres crimes contre l'humanité attribués au FPR et accusent les responsables de ce tribunal de partialité. Le FPR de son côté y voit ausssi une possibilité que des responsables français soient jugés pour complicité de génocide.

Les forces génocidaires repliées au Zaïre, anciennes FAR et milices interahamwe, menacent continuellement le Rwanda par des infiltrations violentes semant la terreur dans le nord-ouest, montrant à l'évidence la volonté de « finir le travail » et de reconquérir le pays. En 1996, pour venir à bout de cette rebellion, le Rwanda s'allie avec l'Ouganda et les rebelles de l'Est du Zaïre. Cette coalition militaire conquiert le Zaïre quatre-vingt-dix fois plus grand que le Rwanda, et renverse en 1997 son président, Mobutu Sese Seko (Première guerre du Congo puis Deuxième guerre du Congo). Des populations civiles rwandaises réfugiées au Zaïre, souvent otages des forces génocidaires repliées, subissent sans distinction des massacres de la part de cette coalition. Une dizaine de pays africains prennent part à ce conflit qui entraine la perte de 3 à 4 millions de Congolais. S.E. Paul Kagamé

Après la prolongation de la période de transition, plusieurs changements de premiers ministres, la démission du président de l'assemblée nationale, Pasteur Bizimungu démissione en 2000. Paul Kagame est élu président de la République par l'assemblée nationale de transition.

La difficulté de juger les nombreux prisonniers, qui croupissent dans les prisons rwandaises fait surgir l'idée de relancer les gacaca, structures de justice traditionnelle. Littéralement, gacaca signifie « gazon ». On forme rapidement despersonnes intègres pour présider ces tribunaux populaires. Autre initiative, des prisonniers de certaines catégories sont relachés, sans être amnistiés, avant de passer devant les gacaca. Ces décisions ravivent, dans la société rwandaise et la diaspora, le débat controversé sur la réconciliation.

En 2002, l'armée rwandaise quitte officiellement la République démocratique du Congo, (ex-Zaïre depuis 1997). Mais des rumeurs insistantes en RDC affirment que de nombreux soldats rwandais y sont restés, ce qui n'a jamais pu être vérifié par les organisations internationales et fut toujours démenti fermement par le Rwanda.

Malgré les immenses difficultés pour reconstruire le pays qui ont marqué la période de transition, la pression de la communauté internationale aidant, le pouvoir rwandais prépare une constitution et des élections au suffrage universel pour 2003. A tort ou à raison, la crainte des rescapés tutsi de voir le pouvoir à nouveau entre les mains de supposés proches des génocidaires est réveillée et des intimidations des candidats, et des électeurs pour qu'ils votent pour le pouvoir en place, sont remarquées.

En 2002, accusé de « divisionisme », l'ancien président de la république, Pasteur Bizimungu, est arrêté et mis en prison. Il est accusé d'avoir constitué un parti politique d'opposition non autorisé par les accords d'Arusha (qui limitaient les partis à ceux qui les avaient signés), des malversations financières et d'avoir publié un article où il manipule les concepts « hutu/tutsi ». Il est condamné à quinze ans de prison. Beaucoup à travers le monde verront dans cette condamnation l'élimination d'un opposant politique qui s'appuie sur l'idée ethnique qu'il est hutu.

Le MDR, signataire des accords d'Arusha, accusé d'abriter en son sein un courant idéologique génocidaire, est dissout par les députés. Une association des droits de l'homme est aussi menacée pour les mêmes raisons.

C'est dans ce climat de suspicion de « division » que se déroulent les élections en 2003.

Les consultations électorales de 2003

  • Dreapeau RwandaisLa constitution adoptée par référendum - 26 mai 2003

Inspirée des principales constitutions occidentales, elle laisse néanmoins une large place aux problèmes spécifiques du Rwanda post-génocidaire, inscrivant dans la constitution le refus de l'ethnisme hérité du colonialisme. Elle crée aussi des outils juridiques pour favoriser la place des femmes dans la vie politique.

  • L'élection présidentielle au suffrage universel - 25 août 2003

Monsieur Paul Kagame est élu président de la République contre son principal opposant, Faustin Twagiramungu [2], du MDR dissous. Le score de Paul Kagame, 95%, suggère un manque de liberté dans le processus électoral. Des membres du comité de soutien à Faustin Twagiramungu ont été arrêtés la veille du scrutin. Certains ont subit des violences avant d'être relachés. Les observateurs de la communauté européenne ont émis des critiques, regrettant des pressions exercées sur le corps électoral, et ont constaté des fraudes, même s'ils reconnaissent qu'un pas important vers la démocratie a été franchi.

  • Les élections législative au suffrage universel - 2 octobre 2003

Les députés favorables à Paul Kagame obtiennent la majorité des sièges.

49% des députés sont des femmes, ainsi qu'une très forte proportion de sénateurs et de ministres, ce qui fait du Rwanda le pays le plus avancé au monde en matière de participation des femmes au pouvoir politique.

Mise en place des « gacaca »

Le 15 janvier 2005, huit mille nouvelles juridictions « gacaca », (tribunaux populaires chargés de juger les auteurs présumés du génocide de 1994), ont entamé la phase administrative de leur travail. Elles viennent se rajouter aux 750 « gacaca » pilotes mises en place depuis 2001. Les « gacaca » sont inspirées des anciennes assemblées villageoises. L'expérience des « gacaca » pilotes laisse penser qu'il y aura au moins sept cent cinquante mille personnes dénoncées et jugées par ces assemblées populaires.

HistoireRécupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Rwanda »

Collines

Autre point de vue sur l'histoire du Rwanda:

Les premiers habitants connus du Rwanda furent vraisemblablement des Pygmées , ancêtres des Twa actuels.

- 1 000 ans avant J.-C. avant notre ère : Présence humaine attestée par des fouilles archéologiques ayant mis au jour une métallurgie du fer et des poteries - apparentées à la culture bantou. On les attribue à une population qui serait originaire du bassin du Congo et dont l'arrivée dans la région remonterait à cette époque.

- du Xème au XVème siècle : Arrivée des Tutsi, pasteurs venus du Nord.

Ces trois communautés partageaient la même langue, le kinyarwanda, et la même religion à l'arrivée du colonisateur. Le roi ou Mwami était l'image d'Imana, le dieu suprême, et régnait sur l'ensemble de ses sujets, les Banyarwanda. Sous son arbitrage, le pays était régi au plan administratif par les chefs de sol (généralement d'origine hutu), les chefs de pâturages (d'origine tutsi) et les chefs d'armées (recrutés chez les Tutsi). Le pouvoir était aux mains d'une aristocratie tutsi, mais les mariages entre familles de pasteurs et de cultivateurs n'étaient pas rares, sauf dans l'aristocratie qui conservait ainsi le pouvoir.

Gorilles

Colonisation européenne

- 1858 : Le premier Européen, John Hanning Speke, découvre la région des grands lacs, sans entrer cependant dans le pays.

- Dans les années 1880 : Speke est suivi par des explorateurs allemands puis des missions catholiques sont établies.

- 1890 : Les Allemands parviennent à intégrer le Rwanda (Ruanda) ainsi que le Burundi (Urundi) à leurs possessions d'Afrique orientale malgré les réticences du Mwami Musinga.

- 1916 : Les Belges, aidés par les Anglais, en chassent les Allemands et occupent le pays. Puis le territoire du Ruanda-Urundi est placé sous mandat de la Société des Nations (SDN) et son administration est confiée à la Belgique. Dans un premier temps, celle-ci gouverne en s'appuyant sur les autorités en place, le Mwami et l'aristocratie tutsi, dont les pouvoirs sont cependant modifiés et figés par la réforme de 1926 (les fonctions de chef deviennent héréditaires).

- 1931 : Le Mwami Musinga est destitué et exilé au Congo belge (actuelle République démocratique du Congo). Il est remplacé par son fils Mutara III Rudahigwa, jugé plus docile. Appliquant le système de l'administration indirecte, la nouvelle administration autochtone est chargée par la puissance coloniale de faire exécuter les travaux de mise en valeur du pays.

- 1934-1935 : Les Banyarwanda sont soumis à un recensement des hommes adultes et valides, à qui l'on délivre un livret d'identité où figure la mention de l'appartenance sociale, dite "ethnique".

Les missions chrétiennes, protestantes à la fin de l'époque allemande, catholiques sous la colonisation belge, se multiplient et prennent en main l'éducation sur l'ensemble du territoire tandis que le jeune Mwami Mutara - il a vingt ans au moment de sa prise de fonction - se fait baptiser en 1943. Mais ses relations avec l'Église et les autorités de tutelle se dégradent peu après, en raison du transfert toujours plus important des pouvoirs locaux à l'administration coloniale. Il demande notamment la suppression des corvées publiques et de la chicotte, et le rétablissement de l'élection des chefs, tandis que la majorité hutu, dont les responsables n'ont comme formation que les écoles des missions, demande à être associée au pouvoir.

- Dès 1956 : Par l'intermédiaire du Conseil supérieur qu'il préside, et sous la pression de ses conseillers, le Mwami Mutara réclame un calendrier précis pour l'accession du pays à l'indépendance, tandis que la majorité hutu fait passer les réformes sociales et politiques avant l'indépendance qui redonnerait aux Tutsi le pouvoir absolu qu'ils détenaient avant la colonisation. Une exigence qu'il s'apprête à présenter devant les Nations unies en 1959 lorsqu'il est inopinément convoqué à Bujumbura, alors capitale du Ruanda-Urundi.

- 25 juillet 1959 : La mort du Mwami Mutara - mystérieuse - est annoncée dans la soirée. Dès lors, le pays plonge dans la guerre civile.

La révolution hutu

BananeraieAprès la mort du Mwami Mutara, décédé sans héritier, son successeur, Kigeli V, illégitime aux yeux des Hutu et imposé par les conseillers du souverain défunt, applique une politique de fermeté dans la défense des privilèges de l'aristocratie tutsi. Les revendications socio-économiques ont pris, depuis la publication, en 1957, du Manifeste des Bahutu, une dimension politique, sous l'impulsion du Parmehutu (parti du Mouvement de l'émancipation hutu), et dégénère en affrontements communautaires. L'Église prend alors fait et cause pour la majorité hutu et l'administration coloniale laisse se développer les révoltes qui éclatent en novembre 1959 et qui ensanglantent le pays après l'assassinat d'un responsable politique hutu. Les Tutsi, très minoritaires, sont massacrés et pourchassés.

- 1960 : Le Mwami doit quitter le pays, plus de deux cent mille Tutsi en font de même.

- Janvier 1961 : La république est proclamée et un référendum, organisé quelques mois plus tard, rejetant par 80 % des voix la monarchie.

- Septembre 1961 : Le Parmehutu remporta les élections, obtenant 78 % des suffrages à l'Assemblée nationale.

- Le 26 octobre 1961 : Le dirigeant du Parmehutu, Grégoire Kayibanda, secrétaire de l'archevêque du Rwanda, est élu président de la République rwandaise.

Indépendance

- 1er juillet 1962 : Sur l'insistance du Conseil de tutelle de l'ONU, la Belgique proclame l'indépendance du Rwanda. Le Parmehutu se transforme en Mouvement démocratique républicain (MDR), qui domine la vie politique pendant les dix ans qui suivent. Grégoire Kayibanda est successivement reconduit aux élections de 1965 et de 1969.

- 1963 : Une tentative de coup d'État des exilés Tutsi échoue et entraîne une nouvelle série de massacres perpétrés contre les Tutsi.

- 1966 : La violence reprend dans les écoles et à l'université, à la suite de l'incursion d'une poignée de Tutsi armés à la frontière sud. Enfin, quand des troubles éclatent au Burundi voisin, dominé par les militaires tutsi, qui ont supprimé la royauté, et que des Hutu cherchent refuge au Rwanda, il s'ensuit encore une nouvelle vague de violence à l'encontre des Tutsi. Mais des dissensions apparaissent également entre les Hutu du nord, chez lesquels la pression tutsi a été plus récente, et ceux du centre, et du sud du pays.

La deuxième République

Groupe de danse- J uillet 1973 : Le président Kayibanda est déposé sans effusion de sang par le ministre de la Défense, le général Juvénal Habyarimana, un Hutu du Nord. Le Parlement et le MDR sont suspendus et, dans sa première déclaration officielle, le nouveau chef de l'État s'élève contre la politique de discrimination ethnique et régionale de son prédécesseur. Une politique qu'il reprend pourtant largement à son compte par la suite en instituant un système de quotas dans les écoles et l'administration. Ainsi, aucun Tutsi ne figure parmi les cent quarante-trois bourgmestres (maires) que compte le pays, pas plus qu'à la tête des dix préfectures.

- 1975 : Le président Habyarimana fonde son propre parti, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND).

- 1978 : Une nouvelle Constitution est adoptée qui entérine le régime de parti unique.

Après avoir déjoué un coup d'État en 1980, le président Habyarimana est reconduit sans opposition en 1983, puis en 1988.

- 1990 : La Belgique, la France et plusieurs pays d'Afrique centrale envoient des troupes au Rwanda pour contrer un coup d'État préparé par des exilés Tutsi à partir de l'Ouganda, où ils aident l'actuel président Museveni, Tutsi lui aussi, à prendre le pouvoir. Réunis au sein du Front patriotique rwandais (FPR), ceux-ci sont soutenus par des Hutu modérés, opposants au régime et vivant à l'intérieur du pays.

- 1991 : Pressé par son opposition et par la vague de démocratisation qui traverse le continent, le président Habyarimana accepte de mettre en place une nouvelle Constitution qui donne naissance à une démocratie pluraliste. Le Conseil national de développement est remplacé par une Assemblée nationale de transition et un poste de Premier ministre est créé.

Le génocide rwandais Mémorial du génocide

- Août 1993 : Un accord sur le partage du pouvoir entre le MRND, le FPR et les partis d'opposition est signé à Arusha en Tanzanie. Mais le Premier ministre Faustin Twagiramungu (un Hutu modéré, président du MDR) ne parvient pas à former son gouvernement de coalition, tandis que le front patriotique rwandais, venu d'Ouganda, envahit le nord du pays, entraînant le massacre de dizaines de milliers de Hutu.

- 6 avril 1994 : L'avion transportant les deux présidents (hutu) du Rwanda et du Burundi est abattu par deux missiles alors qu'il s'apprête à atterrir à l'aéroport de Kigali. La mort du président Habyarimana est immédiatement suivie du massacre systématique des Tutsi et de l'assassinat des Hutu modérés par les milices extrémistes. Ce véritable génocide, qui fait plus de 500 000 victimes, se déroule sans qu'interviennent ou cherchent à s'interposer les Nations Unies ou les puissances occidentales, certaines pourtant présentes dans le pays (Mission des Nations unies d'assistance au Rwanda [Minuar], France, Belgique).

- 23 juin 1994 : Le gouvernement français lance l'"Opération Turquoise", une intervention militaro-humanitaire mandatée par l'ONU. Une zone de sécurité est instaurée dans le sud-ouest du pays.

- 4 juillet 1994 : Alors que les tentatives de médiation pour un cessez-le-feu échouent, les combats tournent à l'avantage du FPR soutenu par l'Ouganda qui s'empare de Kigali . Les Forces armées rwandaises (FAR) se replient dans la zone de sécurité, entraînant avec elles des civils hutu qui craignent les représailles. Au total, près de 2 millions de réfugiés se répartissent ensuite entre la Tanzanie et le Zaïre, où d'immenses camps sont installés aux abords de Goma. Malgré l'intervention des organisations humanitaires, l'aide se révèle insuffisante et les épidémies - le choléra notamment - se propagent.

- 19 juillet 1994 : Un gouvernement s'inspirant des accords d'Arusha est mis en place à Kigali par le FPR, excluant cependant l'ancien parti unique MRND du fait de sa responsabilité dans le génocide. Le régime présidentiel, dirigé par Pasteur Bizimungu (FPR) est caractérisé par une forte composante militaire tutsi. Pour avoir critiqué la dérive du régime, le ministre de l'Intérieur Seth Sendashonga est démis de ses fonctions (il sera assassiné à Nairobi en 1998), en même temps que le Premier ministre hutu, Faustin Twagiramungu (MDR) démissionne pour protester contre la volonté du FPR d'exercer le pouvoir sans partage; il est remplacé par Pierre-Célestin Rwigyema. La Ligue rwandaise des droits de l'homme et les organisations internationales dénoncent les arrestations arbitraires et le climat de suspicion régnant dans le pays. Cette situation contribue à retarder le retour des réfugiés, réclamé de plus en plus fortement par le Zaïre.

Le problème des réfugiés

SorgoLes nouvelles autorités de Kigali sont rapidement soumises à de fortes pressions internationales pour favoriser le retour des réfugiés.

- Fin avril 1995 : En réaction, le régime se durcit davantage, décidant brutalement d'évacuer les camps de déplacés installés dans la zone de sécurité, où la propagande des partisans de l'ancien régime est très active. Plusieurs centaines de personnes sont tuées par l'armée tutsi dans le camp de Kibeho.

- 9 juin 1995 : Kigali impose au Conseil de sécurité une réduction drastique du mandat et des effectifs de la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR), renouvelée une dernière fois pour six mois.

- Décembre 1995 : Le gouvernement fait expulser quarante-trois organisations non gouvernementales (ONG) qui ont dénoncé le massacre de Kibeho. Dans le même temps, les responsables du génocide en exil préparent leur revanche depuis les camps du Zaïre.

- 1997 : L'aide apportée aux troupes de Laurent-Désiré Kabila par l'Ouganda et le Rwanda oblige les quelque 400 000 réfugiés hutu rwandais à fuir dans les forêts du Zaïre. Quelques groupes finissent par rentrer au Rwanda, mais la grande majorité est victime de massacres perpétrés par des Tutsi rwandais et zaïrois appuyant les rebelles.

- Avril 1998 : Ne pouvant obtenir des autorités congolaises l'autorisation de mener une enquête impartiale, l'ONU décide de sa suspension.

- Juin 1998 : Un rapport de l'ONU accuse l'armée rwandaise et les troupes de Laurent-Désiré Kabila d'avoir commis en 1996-1997 des massacres pouvant être qualifiés d'"actes de génocide".

Tribunal pénal international

Palce de marché En novembre 1994, le Conseil de sécurité de l'ONU avait créé à Arusha (Tanzanie) un Tribunal pénal international pour le Rwanda, afin de permettre le jugement des auteurs du génocide. Son procureur, le juge malgache Honoré Rakotomanana, avait annoncé cependant le 19 février 1996 qu'il avait signé deux mandats d'arrêt contre d'anciens responsables hutu détenus à Lusaka, en Zambie. Parallèlement, le nombre des détenus en attente de jugement n'avait cessé d'augmenter (69 000 début 1996 contre 28 000 un an auparavant) dans les prisons de Kigali.

- 10 janvier 1997 : Le TPR entend son premier témoin et a, depuis lors, poursuivi l'audition des témoins et des prévenus, dont l'un deux, ancien haut responsable dans l'ancien gouvernement rwandais, a admis que celui-ci était au courant des projets de massacre contre la communauté tutsi.

- Mai 1998 : Après l'exécution publique (condamnée par la communauté internationale) de 22 personnes jugées coupables de génocide, le Rwanda suspend la mission du Haut-Commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU et expulse son porte-parole. De plus en plus contesté sur sa volonté d'agir en faveur de la réconciliation et du partage démocratique du pouvoir, le régime s'attaque à la fraction des Hutu modérés qui lui ont servi de caution lors de sa prise du pouvoir en 1994. La plupart de ces derniers, qui détenaient des postes de responsabilité, ont démissionné en 1995, ont été exclus sous l'accusation, non démontrée, de "génocide" et ont parfois même été mystérieusement assassinés. Par ailleurs, l'Ouganda a pris ses distances vis-à-vis de son allié rwandais à propos de l'occupation du Kivu et a négocié directement avec Kabila, laissant le Rwanda supporter seul l'impopularité de l'occupation de cette région de la République démocratique du Congo, où la disparition tragique des quelque 300 000 réfugiés hutu n'a toujours pas été élucidée.

- Juin 1999 : Le gouvernement a décidé de prolonger sa propre existence pour quatre ans.

- Mars 2000 : On apprend la démission de Pasteur Bizimungu. Le général Paul Kagamé est élu à la présidence de la République par les députés et les membres du gouvernement : il a récolté 81 voix contre 5 pour son unique adversaire Charles Murigande.

Marché

Histoire récupérée de « http://www.africa-onweb.com/pays/rwanda/histoire.htm »

 

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