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Après vous avoir parlé de l'histoire du Libéria (j'espère que vous arrivez toujours à me suivre entre ce qui se
trouve au Libéria et ce qui se trouve en Sierra Léone), je veux aujourd'hui vous présenter sa capitale, Monrovia
, dans laquelle j'y ai presque passé 5 mois (le reste étant passé dans le pays, en Sierra Léone ou dans les pays voisins).

Je vous avais déjà parlé de Monrovia lors de la fin de la guerre en 2003, en vous ayant déjà présenté l'île de la
providence. Partons maintenant à la découverte des autres curiosités (ou du moins ce qu'il en reste) de la ville.
Arrêtons-nous tout d'abord au musée national. Alors qu'avant la collection s'étendait sur deux étages,
aujourd'hui en raison des pillages de la guerre, l'exposition se résume à un quart du rez-de-chaussée (la photo
vous en montre 80%). Mais malgré tout on peut y voir le trône du président Tubman (contre la paroi du fond), ainsi que quelques photos, objets de guerre et instruments traditionnels.
En continuant sur les hauteurs de Mamba Point se trouvent les restes de l'hôtel Ducor. Alors un fleuron de la
ville dans les année d'avant guerre, aujourd'hui, seules les personnes déplacées ont envahies les salles détruites.
Mais la taille du bâtiment et de la cour laisse présager du luxe qui fut le sien à une certaine époque.

Et juste à côté, perché au somment de la colline, le premier président du Libéria (Joseph J. Robert) observe sans relâche sa capitale.
Plus loin se trouve un autre fleuron de la ville : le temple Massonique. Il était le meilleur symbole du pouvoir
autoritaire de Tubman (la minorité américano-libérienne qui gouvernait). Lors du coup d'état de 1980, l'ordre massonique a été banni et le temple complètement pillé.
Ou sinon, le pavillon du centenaire vient d'être complètement restauré.

Pour ceux qui aiment les bains de foule, alors je vous donne rendez-vous dans le plus grand marché de
Monrovia, le marché de Waterside. En semaine, tellement les rues sont bondées (non seulement de piétons,
mais aussi de marchands sur brouettes et de détritus), je vous déconseille de vous y rendre en voiture. Comme
partout dans ce genre de supermarché africain, on peut tout y trouver, il suffit juste de trouver le bon marchand.

Un autre haut lieu de l'histoire libérienne est le « Executive Mansion », le palais présidentiel. Avec juste en face
le palais de justice. Je me demande si il sera un jour possible de savoir tout ce qui a pu se passer dans ces bâtiments.
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Du temps de Taylor, la route devant le palais était complètement fermée à toute circulation. Aujourd'hui le trafic
normal a repris. Et pour vous dire que l'on revient à une vie normale, alors qu'en avril 2003, lors du vol
Bruxelles-Monrovia-Abidjan-Bruxelles, seulement 4-5 passagers s'arrêtaient à Monrovia, aujourd'hui se sont
deux vols hebdomadaires qui font escale à Monrovia pour y faire descendre une bonne partie des passagers.
Alors qu'en automne 2003, il était encore rare de croiser des voitures dans les rues, aujourd'hui c'est l'enfer.
Bientôt toute la ville est paralysée par les gens qui ne savent pas conduire, les piétons qui envahissent la route
n'ayant pas l'habitude des véhicules et les routes qui sont pleines de trous car non prévues pour un tel trafic.
Les bouchons sont maintenant quotidiens aux grands carrefours et les policiers sont encore bien souvent
dépassés par la situation. Bref, on a maintenant une circulation digne d'une grande capitale.
Voici ici comment étaient les rues de Monrovia en Septembre 2003, juste à la fin de la guerre, en plein après-midi de semaine.
Voici ci-dessous à quoi ressemblait le trafic en mai 2004.

Et finalement, ce que nous vivons maintenant tous les jours.
Et bient entendu, en saison des pluies, les rues de la capitale réservent aussi leur lot de surprises.

Mais il y a encore des rues qui sont épargnées par la circulation, principalement à cause des trous énormes qui
empêchent les véhicules de passer, ou bien des tas de détritus qui envahissent la route.
Et pour ceux qui ne savent pas encore quelle église choisir, et bien rendez-vous à Monrovia. Vous n'y aurez
que l'embarras du choix, tant les églises et différent mouvement se suivent les uns derrière les autres à tous les coins de rue.
Pour vous donner une idée sur la situation économique, et bien vous savez qu'une grande majorité de la
population vit avec moins d'un franc par jour. Pour des employés journaliers, le salaire n'est pas de 15-20
fr/heure, mais bien de 2-3 francs par jour. Un chirurgien gagnera peut-être un peu plus de 300 francs par mois.
Et comme le chômage touche une grande partie de la population, une personne ayant un salaire fait vivre plus de
10 personnes dans son foyer. Mais malheureusement, comme Monrovia est envahie par les expatriés et la
diaspora libérienne (quel Libérien n'a pas au moins un membre de sa famille qui vit aux Etats-Unis ou en
Europe ?) qui rentre au pays, les prix restent très élevés pour tous les produits non libériens et les services,
souvent gérés par des Libanais. Mais petit à petit la concurrence se met en place, avec la diversification des services. Voilà donc à quoi ressemblent la plupart des magasins.
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Et on trouve un joli patchwork, entre les bâtiments dont la construction n'a jamais été terminés, ceux qui ont été détruits dans l'intervalle, et ceux qui ont été restaurés.

Quoi qu'il soit, petit à petit la ville reprend des allures normales. Alors qu'au début de l'année, dès la nuit
tombée, les rues étaient complètement obscures, faute d'électricité et d'éclairage public, c'est de moins en
moins le cas aujourd'hui, de plus en plus de particuliers mettant de l'éclairage devant leurs magasins ou maisons
et les générateurs privés sont de plus en plus répandus. De même, de plus en plus de bâtiments autrefois en
ruines sont en phase de réhabilitation, surtout en raison de la très forte demande de logements, la ville étant
actuellement surpeuplée. L'immobilier est un marché très juteux.
Enfin, rien ne vous empêche de venir vous en rendre compte par vous-même.
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