Le Libéria par la presse

Une fois n'est pas coutume, partageons la vie de la presse l'espace d'un moment, avec quelques extraits sortis fin septembre 2004 et mai 2005.

Danses

Libéria : le CICR réunit plus de 600 enfants avec leur famille

Le CICR a réuni 644 enfants avec leur famille depuis la fin de la guerre au Libéria en août 2003, certains d'entre eux après une séparation de plusieurs années. Il est fréquent que le chaos engendré par un conflit armé disperse les familles qui ont été obligées de fuir les combats. Les enfants sont particulièrement vulnérables, ils se retrouvent souvent séparés de leur famille avec personne pour prendre soin d'eux.

Les 644 enfants ont été, pour la plupart d'entre eux, rapatriés des pays voisins : 229 de Guinée, 199 de Sierra Leone, 12 de Côte d'Ivoire, sept du Ghana, et quatre du Nigéria . Les 193 autres enfants ont fait l'objet de recherches au Libéria.

En avril dernier, le CICR a lancé sa quatrième campagne d'affiches avec des photos de presque 500 enfants séparés de leur famille. Ces affiches ont été largement exposées dans des lieux publics au Libéria, en Guinée, en Sierra Leone, et en Côte d'Ivoire. Roland Hunziker, le coordonnateur des activités de recherches du CICR au Libéria, a expliqué le mode de fonctionnement de cette campagne. « Lorsqu'un enfant est reconnu sur une des photos par un membre de sa famille, nous consultons une base de données régionale pour vérifier minutieusement les données de la famille avec celles recueillies auprès des enfants, séparés de leur famille, qui ont été enregistrés en Afrique occidentale ».

Une fois que l'identité de l'enfant et celle de sa famille ont été vérifiées par recoupement, le CICR rétablit le contact entre eux et s'assure que le regroupement a lieu sur une base strictement volontaire. Puis, le CICR facilite l'organisation du transport et la délivrance des documents de voyage, fournit l'assistance de base et assure un suivi pour veiller au bien-être des enfants rentrés chez eux. Tout ce processus exige une coordination attentive et complexe. Plus de 200 volontaires de la Croix-Rouge nationale du Libéria et des collaborateurs d'autres délégations du CICR de la région coopèrent à la réalisation de cet objectif.

Depuis la fin de la guerre civile, le CICR a intensifié ses activités visant à réunir les familles séparées. Il traite actuellement les cas de quelque 1 500 enfants libériens séparés de leur famille en Afrique occidentale. Une quinzaine d'enfants par semaine retrouvent actuellement leur famille.

En 2003, le CICR a réuni 2 640 personnes – surtout des enfants – avec leur famille à travers le monde.

Une rue

Plus d'un an après la fin de la guerre, Monrovia panse toujours ses plaies (REPORTAGE)
Par Alexandre GROSBOIS

MONROVIA, 5 oct (AFP) - Distribution publique d'eau et d'électricité inexistante, évacuation des eaux usées problématique, infrastructures délabrées, routes défoncées: Monrovia tarde à retrouver son visage d'avant la guerre civile, qui a ravagé le pays pendant quatorze années.

La capitale libérienne fut fortement endommagée lors de plusieurs sièges, notamment ceux des rebelles du Lurd (Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie) dans les derniers mois de la guerre civile (1989-2003), conduisant finalement l'ancien président Charles Taylor à signer des accords de paix et à quitter le pays au mois d'août 2003.

Plus d'un an après, l'état de délabrement de cette ville persiste et pose de nombreux problèmes à ses deux millions d'habitants, soit environ les deux tiers de la population du pays.

En période de pluie, les trottoirs jonchés d'ordures se transforment en marécages boueux où il n'est pas rare de voir des personnes faire leurs besoins ou la vaisselle, créant un risque de propagation du choléra.

En outre, les eaux usées sont fréquemment versées dans la rue et les rares égoûts dégagent une odeur pestilentielle, laissant penser qu'ils sont obstrués par des détritus, malgré les assurances des responsables du ministère de la Santé sur leur état irréprochable.

"Le choléra n'est actuellement plus un problème grâce à un travail de longue haleine des agents de santé", assure pourtant à l'AFP Colette Gadenne, de Médecins sans frontières (MSF)-Belgique.

Mais étant donné "l'insalubrité générale effarante, le choléra peut exploser demain" à Monrovia, prévient une source humanitaire sous couvert d'anonymat.

L'aspect décrépit de la ville doit également beaucoup à ses nombreux bâtiments abandonnés et noircis par la pollution ou le feu.

En plein centre-ville, par exemple, trône un vaste bâtiment de style colonial, à l'abandon. C'est tout ce qui reste de l'ancien palais présidentiel de Samuel Doe, l'ex-président libérien assassiné en 1989.

Le mauvais état des routes ajoute à la misère des infrastructures de la ville et rend plus que délicate la circulation à Monrovia, particulièrement la nuit.

De nombreuses ornières avaient été bouchées sur financement de l'Onu à la fin de l'année dernière, mais en l'absence totale d'entretien depuis, d'autres pièges sont apparus et perturbent les automobilistes, indique une source de la Mission des Nations unies au Liberia (Minul).

L'éclairage public et la signalisation lumineuse sont inexistants à Monrovia. Les trottoirs sont souvent encombrés de panneaux d'éclairage à terre, criblés d'impacts de balles, et des vestiges de feux de signalisation peuvent être aperçus par endroits.

Même problème pour la distribution d'électricité, réduite à néant.

"Les infrastructures électriques de base étaient bien conçues, mais elles ont été endommagées par de nombreux vols et par le manque d'entretien", explique Francis Wellens, coordinateur de l'assistance technique de la Commission européenne à Monrovia.

"On espère avoir de l'électricité à la fin 2006", ajoute-t-il.

En attendant, ceux qui en ont les moyens utilisent des groupes électrogènes et de nombreux fils électriques pendent de façon anarchique au-dessus des rues, signe d'une solidarité entre plusieurs blocs d'habitations.

En ce qui concerne l'alimentation en eau, seule l'île de Bushrod, au nord de Monrovia, bénéficie d'une distribution régulière acheminée via une station de pompage et de traitement, située en amont sur le fleuve Saint John.

Pour le reste, des camions appartenant à des compagnies privées effectuent des allers-retours entre la ville et plusieurs points de distribution, et vendent de l'eau potable aux restaurants, hôtels et institutions gouvernementales et internationales.

Un port

Un après-conflit décourageant pour nombre d'ex-combattants libériens (MAGAZINE)

Par Alexandre GROSBOIS

MONROVIA, 5 oct (AFP) - "On s'est battu pendant toutes ces années et en désarmant, on n'a touché que 150 dollars; je ne sais plus comment nourrir ma femme et mes trois enfants", se plaint Junior Roger, 30 ans, enrôlé de force en 2000 par la rébellion libérienne du Model (Mouvement pour la démocratie au Liberia) dans un camp de réfugiés en Côte d'Ivoire.

"Pendant la guerre, j'arrivais à obtenir de l'argent pour nourrir ma famille. (...) Je ne peux pas dire comment je l'ai gagné mais c'était suffisant. Tout a changé aujourd'hui; je ne peux plus continuer à tout leur donner", explique Junior, qui cherche un travail de manoeuvre car il est "déjà trop vieux pour l'école" et n'a "aucune qualification".

Selon la Mission des Nations unies au Liberia (Minul), quelque 82.000 combattants ont déjà participé au processus de désarmement à l'issue d'une guerre civile quasi -ininterrompue (1989-2003) ayant fait jusqu'à 300.000 morts et ravagé le Liberia.

Pour l'instant, environ 17.000 anciens combattants, en majorité des femmes ou des jeunes âgés de moins de 18 ans, ont commencé des formations professionnelles dans le cadre de leur réinsertion dans la société civile.

Mais la transition s'avère souvent délicate pour ceux qui doivent attendre leur tour avant de suivre une formation et espérer devenir menuisier, infirmier, maçon, électricien ou peintre.

"Je me suis battu pour le gouvernement pendant trieze ans et, aujourd'hui, je ne suis pas optimiste pour l'avenir car les 150 dollars que nous remet (la Minul au moment du désarmement) ne sont pas suffisants", explique Westley Jackson, 32 ans.

"A l'avenir, je veux aller dans un centre de formation professionnelle pour apprendre la menuiserie. J'ai déclaré mon intention au bureau de désarmement, mais ils nous disent d'attendre que le premier groupe finisse la formation", qui dure environ huit mois, ajoute-t-il.

"Je veux aller à l'école. Je n'ai jamais été sur les bancs mais c'est ce que je veux faire avant de décider de mon avenir", indique Mohammed Fofana, 16 ans, enrôlé de force dans les forces gouvernementales dès l'âge de 9 ans.

Victor Johnson, 36 ans, a commencé à se battre pour la rébellion du Lurd (Libériens unis pour la reconstruction et le développement) en 1992. Il suit une formation de menuisier au Centre de formation professionnel de la capitale (Monrovia Vocational Training Centre).

"J'ai vu assez de choses que je n'ai plus envie de revoir. Nous avons marché sous la pluie dans la forêt pendant des jours et, aujourd'hui, nous voilà sans rien du tout", raconte-t -il.

"Nous sommes allés nous inscrire au centre de formation pour pouvoir apprendre un métier. Ils avaient prévu de nous payer 30 dollars par mois mais nous n'avons encore pas eu un sou. Tout cela est vraiment décourageant", regrette-t-il.

Pour la dernière phase du programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) des combattants, la Minul est confrontée à un manque de fonds, les bailleurs internationaux tardant à honorer leurs promesses.

Plus de 40 millions de dollars sont encore nécessaires pour assurer la démobilisation et la réintégration des anciens soldats des trois factions belligérantes, avait déclaré à la presse le président libérien Gyude Bryant, la semaine dernière.

"Tout le monde sera payé comme prévu", assure de son côté à l'AFP le Dr Moses C.T. Jarbo, responsable du DDR nommé par le Gouvernement national de transition (GNT) . "Cet argent doit passer par plusieurs institutions, ce qui prend du temps", explique-t-il.

La Minul a fixé au 30 octobre la date limite de dépôt des armes par les combattants de la guerre civile libérienne.

 

Une route

Washington presse Monrovia de porter ses efforts sur les zones rurales

 ZWERDU (Liberia), 30 sept (AFP) - Un représentant du Département d'Etat américain, Andrew Silski, a mis en garde le Liberia contre un retour à la guerre civile si rien n'est fait pour le développement des zones rurales, jeudi lors d'une visite à Zwerdu (est).

 "Les administrations rurales au Liberia ont besoin de renforcer elles-mêmes leur pouvoir et elles ont besoin que davantage de pouvoir leur soit accordé", a déclaré M. Silski lors d'une conférence de presse.

 "Nous devons garantir que le pouvoir revienne au peuple", a-t-il ajouté.

 Selon l'ambassade américaine, M. Silski doit, au nom du Département d'Etat, plaider en faveur d'une nomination des administrateurs des 15 comtés du pays par des élections plutôt que par une désignation par l'exécutif, contribuant ainsi à la transition du Liberia vers une démocratie transparente.

 La guerre civile au Liberia - qui a duré 14 ans, n'a pris fin qu'en août 2003 après la fuite en exil de l'ancien président Charles Taylor.

 Ce dernier avait installé des hommes lui étant fidèles comme administrateurs des 15 comtés. Ces fonctionnaires réputés corrompus ont laissé la plus ancienne république indépendante d'Afrique dépourvue d'infrastructures publiques et sans capacité institutionnelle de se reconstruire.

 Lors de la visite, l'administrateur de Zwedru Peter Bodou a montré son bureau: une planche cabossée posée sur deux briques, et qui lui tient lieu de table. "C'est le bureau du gouvernement local, c'est une réalité au Liberia", a-t-il commenté. "C'est ce pourquoi nous continuons à nous battre dans ce pays".

 "On pourra peut-être se demander pourquoi les combats sont sans fin au Liberia, mais c'est parce que le gouvernement ne se préoccupe pas de la population. Quelques-uns dépensent l'argent et s'en vont impunément, et nous, les autres, avons faim", a-t-il conclu.

 

Les montagnes

Dans l'est du Liberia, la ville de Cestos tente de se relever (REPORTAGE)

 par Zoom DOSSO

 CESTOS (Liberia), 24 sept (AFP) - Avec des pompes manuelles, des latrines et un accès à l'électricité, les habitants de Cestos, dans l'est du Liberia, reconstruisent peu à peu leur ville en ruines, malgré l'ombre des épidémies et les rumeurs faisant état d'armes à feu cachées dans la forêt.

 "La guerre a détruit tout ce que l'on possédait", explique un habitant, Emmet Kay, en regardant autour de lui cette étendue de désolation qui fut jadis une ville de 28.000 habitants, située sur les bords de la rivière Cestos, à quelque 200 kilomètres à l'est de Monrovia.

 En mai 2003, la région de Rivercess a été le terrain d'affrontements sanglants entre les rebelles du Mouvement pour la démocratie au Liberia (Model) et les troupes d'élite anti -terroriste de l'ancien président Charles Taylor.

 Les habitants de Cestos ont fui dans la forêt pour y chercher de la nourriture, d'autres sont parvenus à franchir la frontière ivoirienne.

 Depuis le retour de la paix en août 2003, les familles réclament leurs terres pour en reprendre l'exploitation, en dépit des rumeurs sur la circulation d'armes a feu, de lance -grenades et d'autres armes lourdes cachées dans la forêt, qui n'attendent que le désarmement en Côte d'Ivoire - plus rémunérateur qu'au Liberia - ou une reprise du conflit.

 Un bataillon de Casques bleus éthiopiens a été envoyé dans cette zone pour en assurer la sécurité mais, concernant l'assistance humanitaire prodiguée par l'Onu, beaucoup reste à faire.

 Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est employé à assurer le minimum: l'accès à l'eau potable et les installations sanitaires de base avec la construction des latrines et l'installation de pompes manuelles dans l'ensemble de la ville, qui compte désormais 18.000 habitants.

 "Evidemment, si vous n'avez ni pompe, ni latrines, vous avez toutes les chances que les gens tombent malades", explique Kirsty Jones, la représentante du CICR à Cestos.

 Le Liberia a déjà été frappé par des épidémies de choléra, le paludisme devient endémique et il est à craindre que le taux de prévalence du VIH-sida des Etats d'Afrique de l'ouest connaisse une croissance exponentielle en raison des viols massifs et de la consommation systématique de drogue au sein des milices armées.

 Pour Joshua Kortie, le coordinateur médical du comté de Cestos, l'absence d'équipements médicaux constitue un danger très important. "Nos populations sont en train de mourir de maux bénins comme la fièvre, parce qu'ils n'ont accès au traitement que le mercredi, quand l'hôpital mobile du docteur de Médecins sans frontières (MSF) vient dans cette zone", explique M. Kortie.

 "On dirait que les organisations humanitaires travaillent comme des touristes, ils ne voient pas combien nous avons besoin d'eux", affirme une habitante du comté.

 La ville de Cestos possède toutefois un avantage: un réseau électrique stable grâce à la Minul, chose inexistante dans la capitale, où seuls les ONG, les ambassades et les bureaux de l'Onu profitent d'une distribution normale.

 "Nous l'avons fait parce que le gouvernement n'est pas en mesure de le faire, nous sommes là pour les rendre heureux et leur faire oublier tous les préjudices de la guerre", dit Desaly Teklehaynot, le commandant éthiopien de la Minul.

 

Bord de mer

Rapatriement des réfugiés: accords entre le Liberia et ses voisins

 MONROVIA, 27 sept (AFP) - Le gouvernement libérien a signé lundi plusieurs accords pour le rapatriement volontaire de ses réfugiés avec la Guinée, la Sierra Leone, la Côte d'Ivoire et le Haut commissariat pour les réfugiés de l'Onu (HCR), lors d'une cérémonie à Monrovia en présence de la presse.

 "Ces accords ont défini le cadre légal et opérationnel pour le retour volontaire de plus de 300.000 réfugiés libériens dispersés dans la région", a annoncé Zobida Hassim Hashagria, directrice-adjointe du HCR-Afrique.

 "Quelque 50.000 réfugiés sur 300.000 sont déjà rentrés au Liberia dans des conditions difficiles et périlleuses", a-t-elle indiqué avant de rappeler que la simplification des conditions du rapatriement volontaire au Liberia devait débuter le 1er octobre 2004.

 Avec la signature de ces accords, les gouvernements sierra-léonais, ivoirien et guinéen se sont engagés à assister le HCR dans ses opérations de rapatriement.

 "La tenue d'une telle cérémonie au Liberia est un soulagement pour nous, Ivoiriens", a déclaré Mathieu Theny Gbayoro, le représentant des autorités ivoiriennes.

 "La Côte d'Ivoire, qui recherche la paix, ne peut qu'être satisfaite de cette victoire libérienne", a-t-il ajouté.

 Le gouvernement guinéen était représenté par le vice-ministre de l'Administration territoriale et de la décentralisation, Abdoulaye Diallo.

 "Un tel évènement devrait être l'occasion pour tous les acteurs institutionnels et les populations des différents pays, de retenir une leçon de la crise que nous avons subie pendant 15 ans", a estimé M. Diallo.

 S'exprimant au nom du gouvernement sierra-léonais, Justin Bangura, directeur adjoint de la Commission nationale pour l'acton sociale en Sierra Leone, a plaidé pour l'intégration des anciens combattants étrangers dans les processus de DDR (désarmement, démobilisation et réintégration).

La campagne de rapatriement des réfugiés libériens, qui va débuter en Sierra Leone, va être graduellement étendue à la Guinée et à la Côte d'Ivoire et inclura aussi le retour de milliers de réfugiés passés par des pays tiers pour parvenir au Nigeria ou au Ghana notamment.

Elle vise à faire revenir 50.000 réfugiés d'ici le 31 décembre 2004.

 

Début mi-octobre du rapatriement des réfugiés libériens au Nigeria

LAGOS, 4 oct (AFP) – Le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) débutera mi-octobre ses opérations de rapatriement volontaire de 1.000 réfugiés libériens qui avaient trouvé refuge au Nigeria, a déclaré à lundi l'AFP une responsable du HCR.

Environ 600 d'entre eux regagneront le Liberia à la mi-octobre dans le cadre de la première phase de cette opération, qui se poursuivra jusqu'à la fin de l'année, a déclaré Brigitte Eno jointe par téléphone.

Jeudi, les réfugiés ont été vaccinés en prévision de leur retour dans leur pays. "Nous laissons une durée de 10 jours entre la vaccination et leur départ, et nous pensons qu'ils partiront pour le Liberia au milieu du mois", a-t-elle précisé.

Les réfugiés libériens sont rassemblées dans le camp de Oru-Ijebu, dans l'Etat d'Ogun, dans le sud-ouest du pays.

Quelque 5.000 (bien 5.000) réfugiés libériens se trouvent actuellement au Nigeria. Certains d'entre eux y sont depuis 1990.

Ces rapatriements s'inscrivent dans un vaste programme de l'Onu visant à faire revenir chez eux quelque 50.000 réfugiés libériens, éparpillés en Afrique de l'Ouest, avant le 31 décembre. La deuxième phase prévoit le rapatriement de 154.000 personnes en 2005 et enfin 65.000 en 2006.

Un arbre

Le rapatriement des réfugiés libériens a enfin commencé

MONROVIA, le 4 octobre (IRIN) - Des camions passant la frontière de la Sierra Leone et un avion parti du Ghana ont rapatrié vendredi dernier la première vague des quelque 300 000 réfugiés libériens prévus par le programme de rapatriement des Nations Unies.

Selon les estimations, près de 350 000 libériens ont fui le Liberia et trouvé refuge dans d'autres états d'Afrique de l'Ouest pendant les 14 années de guerre civile au Liberia. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a indiqué que près de 50 000 personnes sont déjà rentrées spontanément au Libéria depuis la fin des combats en août 2003.

Le convoi des camions du HCR transportant 80 réfugiés de la Sierra Leone et le départ par avion d'Accra, la capitale ghanéenne de 120 autres personnes, ont marqué le début officiel du processus de rapatriement des réfugiés libériens vers des régions de l'intérieur déclarées maintenant sûres et aptes pour le reclassement des rapatriés ou des déplacés.

Mais ce processus rencontre encore quelques difficultés.

Le HCR a signalé que de vastes régions de ce pays très boisé ne sont pas encore sécurisées puisque les forces de maintien de la paix de l'ONU continuent de désarmer d'anciens combattants.

La semaine dernière, le HCR a également rappelé aux donateurs que 10 millions de dollars US supplémentaires étaient nécessaires pour réintégrer dans leur communauté les 50 000 réfugiés qui seront rapatriés d'ici la fin de l'année.

La plupart des réfugiés libériens vivent actuellement dans des camps installés en Guinée, en Côté d'Ivoire et en Sierra Leone—des pays confrontés eux aussi à de sérieux problèmes internes.

La Sierra Leone se remet lentement d'une guerre civile qui a pris fin il y a moins de trois ans, la Côte d'Ivoire doit encore trouver une solution à une rébellion de deux ans qui a coupé le pays en deux, tandis que la Guinée fait face à une crise économique et sociale qui risque de dégénérer en conflit.

Certains réfugiés libériens se sont installés provisoirement au Ghana, au Nigeria, au Sénégal, au Mali et en Gambie.

«Il nous sera difficile de reconstruire nos vies si durement brisées, surtout lorsqu'on a vécu si longtemps au Ghana», a confié à IRIN Paul, exilé au Ghana depuis 1990, avant de monter à bord de l'avion qui le ramenait à Monrovia, la capitale du Liberia.

«Mais j'espère qu'à force de persévérance, je parviendrai à trouver ma voie,» a ajouté Paul, 55 ans.

Massa Goll, jeune femme libérienne de 31 ans, est réfugiée au Ghana depuis huit ans et elle aussi a des sentiments mitigés.

«Je suis triste parce que j'ai beaucoup d'amis ici, mais très contente aussi de rentrer dans mon pays. Quelle que soit la situation que je trouverai à mon retour, le Liberia est mon pays,» a t-elle confié à IRIN.

L'accord de paix du Liberia signé en août 2003 par les factions en guerre et les partis politiques prévoyait le rapatriement de tous les réfugiés et le reclassement des toutes les personnes déplacées avant la tenue des élections générales prévues en octobre 2005.

Manque d'argent et des problèmes de sécurité persistants

Le HCR a dû revoir à la baisse le nombre de personnes pouvant être rapatriées d'ici à la fin de l'année.

Le HCR n'envisage maintenant de rapatrier que 50 000 réfugiés —le sixième du nombre total prévu—avant janvier, car il ne dispose plus d'assez d' argent pour mener à bien sa mission et certaines provinces frontalières de la Guinée et e la Côte d'Ivoire n'ont pas été sécurisées.

La Mission des Nations Unies au Liberia (MINUL) a fait savoir que les 15 000 soldats de la force de maintien de la paix ont déjà désarmé plus de 82 000 combattants, plus du double des 38 000 anciens combattants prévus initialement.

Mais le dernier camp de désarmement installé dans la ville portuaire de Harper proche de la frontière ivoirienne n'a été ouvert que la semaine dernière ; il subsiste quelques secteurs où les rebelles continuent de faire la loi parce que les forces de maintien de la paix de l'ONU n' exercent pas encore un contrôle effectif sur ces zones.

La MINUL a indiqué que son programme de désarmement prendra fin le 31 octobre et que, passée cette date, toute personne en possession d'une arme sera poursuivie devant la juridiction libérienne. Mais certains anciens combattants et autorités gouvernementales ont fait remarquer que ce délai leur semblait trop court.

Au début du mois, les autorités libériennes, en collaboration avec la MINUL et des agences humanitaires non gouvernementales, ont déclaré quatre des 15 comtés libériens sont sécurisés et aptes à accueillir les réfugiés et les personnes déplacées.

Il s'agit des comtés de Bomi, Grand Cape Mount et Gbarpolu, d'anciens bastions du mouvement des Libériens Unis pour la Réconciliation et la Democracie (Liberians United for Reconciliation and Democracy – LURD) situés près de la frontière ouest avec la Sierra Leone, et du Comté de Margibi, situé au nord de la capitale et tenu par les partisans de l' ancien président Charles Taylor.

La directrice adjointe du bureau Afrique du HCR, Zobida Hassim-Ashagrie, a indiqué la semaine dernière aux journalistes que son agence s'opposait catégoriquement à l'envoi de réfugiés dans des zones non encore sécurisées.

«Il n'en est pas question. Le HCR ne prendra pas ce risque. La sécurité dans ces zones a été la préoccupation majeure des réfugiés et ils ne veulent pas retourner dans des régions qui présentent le moindre danger pour eux,» a déclaré Zobida Hassim-Ashagrie.

«Avant d'acheminer des réfugiés vers une région quelconque de leur comté d 'origine, la sécurité doit être garantie. Mais le processus de désarmement et de démobilisation des anciens combattants est encore en cours dans la plupart des régions du pays,» a t-elle ajouté.

Même si les comtés choisis comme destinations principales des réfugiés et des personnes déplacées ne sont pas encore sécurisées pour démarrer le rapatriement, Hassim -Ashagrie a indiqué que le HCR s'employait activement à préparer leur reclassement dans ces zones.

Ainsi, le HCR participe déjà à la réhabilitation des routes qui sont devenues impraticables dans le comté de Lofa, qui longe la frontière avec la Sierra Leone et la Guinée, et dans le comté de Grand Geddeh, à la frontière avec la Côte d'Ivoire.

«Ces aménagements vont réduire la durée du voyage et permettre un accès direct aux réfugiés libériens venant de la Guinée et de la Côte d'Ivoire,» a indiqué Hassim-Ashagrie.

L'autre problème auquel nous sommes confrontés est le manque d'argent, puisque le Liberia ne fait plus les gros titres de la presse internationale et que le centre d'intérêt des donateurs s'est reporté sur la crise qui sévit dans la région ouest du Darfour au Soudan.

«Nous avons sollicité une aide de 39 millions de dollars US pour l' ensemble du programme de rapatriement et d'intégration des réfugiés et des personnes déplacées,» a indiqué Hassim-Ashagrie. «Il nous manque à présent un peu plus de 10 millions de dollars US.»

«Un programme de réintégration et de réhabilitation est nécessaire pour fixer les réfugiées dans les régions de rapatriement…il existe quelques rares infrastructures comme les écoles, les dispensaires, mais elles ont été détruites pendant la guerre. Il faudra les réparer,» a ajouté Hassim-Ashagrie.

enfants

Libéria : le CICR lance une nouvelle campagne de recherches

Le CICR a lancé aujourd'hui une nouvelle campagne de recherches, en coopération avec la Croix-Rouge nationale du Libéria. Basée sur le slogan « Help us come home » (aidez-nous à rentrer chez nous), la campagne s'appuiera sur des affiches et des brochures comportant les photos de 343 enfants libériens enregistrés par le CICR en Côte d'Ivoire, au Ghana, en Guinée, au Libéria, au Nigéria et en Sierra Leone. Elle doit permettre à terme de réunir ces enfants avec leur famille.

Affiches et brochures seront exposées et distribuées dans les marchés, les hôpitaux, les écoles et les camps de réfugiés, au Libéria et dans les pays voisins. Des activités de sensibilisation, notamment une pièce de théâtre jouée par des membres de la Société nationale, serviront à expliquer l'objectif de la campagne et l'utilisation du matériel.

Les délégations du CICR et les Sociétés nationales de la Croix-Rouge de toute l'Afrique occidentale ont uni leurs efforts à ceux d'autres organisations humanitaires et de membres des communautés locales pour retrouver les proches des enfants libériens que la guerre civile a séparés de leur famille. Au Libéria uniquement, plus de 200 volontaires de la Société nationale sont engagés dans des activités de recherches.

Depuis la fin de la guerre civile, le CICR a renforcé ses activités de recherches dans plusieurs régions du Libéria. Depuis 2002, l'institution a déjà mené quatre campagnes semblables à celle-ci, et grâce aux efforts ainsi déployés, plus de 600 enfants libériens sont maintenant de retour dans leur famille. Le CICR traite actuellement les cas de quelque 1 500 enfants. Chaque semaine, une quinzaine d'entre eux rejoignent leur famille.

En 2003, le CICR a réuni 2 640 personnes – des enfants pour la plupart – avec leurs proches, dans le monde entier.

Danse

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Interview

Danse

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Le Nigeria et les USA examinent les moyens de juger Charles Taylor

   WASHINGTON, 5 mai 2005 (AFP) - Le Nigéria et les Etats-Unis vont examiner les moyens de juger l'ancien homme fort du Liberia Charles Taylor, accusé de crimes de guerre et réfugié au Nigeria, a indiqué jeudi à Washington le président nigérian Olusegun Obasanjo.

Eglise Ganta Le chef de l'Etat nigérian, également président en exercice de l'Union africaine (UA), a entamé une visite officielle aux Etats-Unis par des entretiens avec le président George W. Bush et sa secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice.

 M. Obasanjo a par ailleurs obtenu un soutien de principe sur l'objectif d'un allègement de la dette extérieure de son pays, qui s'élève à 35 milliards de dollars.

 Mercredi, la Chambre des représentants (chambre basse du Congrès américain)a demandé dans une résolution à M. Obasanjo de mettre un terme à l'asile politique accordé à Charles Taylor, et de le remettre au tribunal spécial pour la Sierra Leone, à Freetown, pour être jugé pour crimes de guerre.

 Charles Taylor a été inculpé en juin 2003 de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité par ce Tribunal spécial pour son implication dans la guerre civile (1991-2001) en Sierra Leone, voisine du Liberia.

 Le Nigeria lui a accordé l'asile en août 2003, estimant, malgré un mandat d'arrêt international, que cette mesure permettait de favoriser le processus de paix au Liberia.

 M. Obasanjo a déclaré, à l'issue de ses entretiens, que "personne ne peut minimiser un crime, quel que soit le rang de celui qui l'a commis", ajoutant que "quiconque a mal agi doit être traduit en justice".

 "Nous sommes tombés d'accord pour examiner comment travailler ensemble pour faire ce qui doit être fait", a ajouté le président nigérian.

 M. Obasanjo a toutefois rappelé que l'ex-président libérien avait été admis au Nigeria dans le cadre d'un accord pour mettre fin au bain de sang au Liberia, et qu'il ne pouvait être expulsé sans tenir compte de la crédibilité diplomatique de son pays d'accueil.

 M. Obasanjo a toujours mis en avant qu'il ne pouvait revenir sur la parole donnée à Charles Taylor et qu'il le renverrait au Liberia plutôt qu'en Sierra Leone, et seulement dans l'hypothèse où les élections d'octobre au Liberia aboutiraient à l'installation d'un régime démocratique stable.

 Le porte-parole du département d'Etat américain, Richard Boucher, a confirmé que le cas de M. Taylor avait été discuté. "Les Nigérians et nous travaillons ensemble, et avec d'autres, pour nous assurer que Charles Taylor réponde devant la justice", a-t-il précisé.

 M. Boucher n'a toutefois pas dit si cela passait nécessairement par sa traduction devant la cour spéciale siégeant à Freetown.

 Les responsables américains ont par ailleurs exprimé leur soutien de principe sur un allègement de la dette extérieure du Nigeria.

 "Nous avons indiqué que nous souhaitions soutenir le Nigeria, notamment sur la question de la dette", a indiqué M. Boucher. Les discussions n'ont toutefois pas porté sur des mesures spécifiques.

 L'endettement est un dossier délicat pour M. Obasanjo, à qui son Parlementa demandé en mars de stopper son remboursement, au motif qu'il handicaperait le développement du pays.

 Le président nigérian a indiqué avant cette visite qu'il comptait, en sa capacité de président de l'UA, parler également avec les autorités américaines des efforts de paix au Togo , en Côte d'Ivoire et au Soudan.

 M. Obasanjo doit également profiter de son voyage aux Etats-Unis pour prononcer un discours devant le Conseil des relations internationales à Chicago (Illinois, nord).

L'Onu lance une campagne de collecte d'armes légères au Liberia

 MONROVIA, 5 mai (AFP) - La mission de l'Onu au Liberia (Minul) a lancé jeudi un nouveau programme visant à collecter les armes légères toujours détenues par des dizaines de milliers d'anciens combattants de ce pays d'Afrique de l'ouest, détruit par 14 ans de guerre civile.

  EcoleUne première campagne de désarmement, qui avait pris fin en novembre 2004,n'avait permis de collecter que 26.000 armes, laissant craindre que les autres ne soient cachées en prévision de combats futurs.

 Parallèlement, quelque 100.000 anciens combattants avaient été démobilisés.

 Les anciens combattants disposaient d'armes automatiques, grenades,fusils-mitrailleurs, mais également de revolvers, pistolets et autres armes légères, selon la Minul.

 "Le programme a pour objectif de collecter toutes les armes légères qui circulent encore au Liberia. Elles sont plus dangereuses dans la mesure où elles peuvent être facilement transportées", a déclaré à la presse le responsable de cette campagne, Napoleon Abdoulaye.

 Ce programme, qui doit durer un an, débouchera sur la création d'une commission nationale sur les armes légères, a indique M. Abdoulaye, qui a ajouté qu'une campagne de sensibilisation serait menée parallèlement dans des zones clés, le long des frontières avec la Guinée, la Sierra Leone, et la Côte-d'Ivoire.

 "Nous recevons en permanence des informations sur des trafics d'armes légères dans ces zones", a-t-il dit. "Il est important que nous intervenions maintenant, et rapidement, parce que les armes légères sont des armes de destruction massive".

 Les anciens combattants qui remettront leurs armes légères ne se verront pas offrir de contrepartie financière, comme cela avait été le cas lors du programme de désarmement. Ils recevaient alors chacun 300 dollars.

 "A la place, nous construirons des écoles, des hôpitaux, des routes dans les villes et les villages, en fonction de la quantité d'armes qui nous sera remis", a dit M. Abdoulaye.

Les populations enclavées à l'épreuve des inscriptions électorales

  SUAKOKO (Liberia), 10 mai (AFP) - "J'ai marché pendant quatre heures avant d'arriver", affirme Francis Jaipor, qui est venu à Suakoko, bourgade située à175 km au nord de la capitale libérienne Monrovia, pour s'inscrire sur les listes électorales et participer aux scrutins décisifs prévus en octobre.

  EnfantsL'homme, âgé de 52 ans, patiente devant le centre d'inscription de Suakokoau milieu d'une longue file de personnes décidées à participer aux élections devant clore une période de transition et sortir définitivement ce petit pays d'Afrique de l'ouest de 14 ans de guerres civiles successives (1989-2003).

 Pour rallier cette localité, Francis Jaipor a dû parcourir à pied les 13 km depuis son village de Feetwah.

 Les centres d'enregistrement sont pour la plupart installés dans les villes et les populations des zones rurales doivent parcourir de longues distances avant de se faire inscrire pour les élections présidentielle et législatives du 11 octobre.

 En outre, en dehors de la capitale, Monrovia, seulement 600 bureaux d'enregistrement ont ouvert sur 850 prévus, selon une source proche des autorités.

 "Avec le début de la saison des pluies, cela va être plus difficile" encore pour les habitants des villages, souligne Worlue Koryamah, chef du centre deSuakoko.

 "Nous avons rapporté nos difficultés à Monrovia. Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas obtenu de réponse positive pour transporter nos agents dans les zones rurales", explique-t-il.

 Pour Lorpue Kartaktah, secrétaire du centre, "si on ne nous donne pas la possibilité de nous rendre dans les zones rurales, plus de la moitié de la population ne sera pas en mesure de voter".

 Ces populations isolées sont également confrontées à des problèmes d'accès à l'information. Certains n'étaient même pas avertis du début des inscriptions, qui ont commencé le 25 avril et doivent officiellement prendre fin le 21 mai.

 "C'est l'ami de mon mari qui nous a informés (du démarrage du processus).Il était venu faire des achats sur la route principale et c'est là-bas qu'il en a été informé", explique Karmay Sackie.

 "Mon fils est venu de Monrovia pour passer le week-end avec nous. C'est lui qui nous a informés", déclare pour sa part Jefferson Tamba.

 Au Liberia, les moyens de communication, pour la plupart détruits pendant la guerre, sont essentiellement concentrés dans la capitale et sa banlieue,d'où émettent notamment des radios locales.

 Seule la radio de la Mission des Nations unies au Liberia (Minul) couvre tout le pays.

 "Je n'ai pas de radio, comment je fais pour obtenir une information uniquement relayée par la radio de la Minul?", se plaint Jefferson Tamba, quia marché pendant trois heures pour rejoindre le bureau d'enregistrement.

 Dix-huit partis politiques se sont fait enregistrer et plus d'une trentaine de personnalités, dont l'ex-star du football George Weah, ont déjà déclaré leur intention de se présenter à la présidentielle.

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