Châteaux du Désert

 

Désert à l'Est d'AmmanLors de la présentation du Wadi Rum en mars de l'année passée, je vous avait parlé de Lawrence d'Arabie. Et bien, durant sa période dans l'actuelle Jordanie, il n'est pas resté uniquement dans le désert du Wadi Rum. Il a voyagé dans la région, et notamment à l'est de la Jordanie.

C'est dans cette région que se trouvent ce qui sont appelés ici les châteaux du désert. Ce sont des constructions édifiées au 7e et 8e siècles, à la période du règne des Omeyades (califes ayant gouverné le monde musulman de 661 à 750, le Califat omeyade devenant le plus grand état musulman de l'Histoire avec Damas comme capitale). Le plan de base des châteaux est similaire : une place fortifiée organisée autour d'une cour centrale. Eparpillés dans le désert jordanien (à l'Est d'Amman principalement), ils servaient de relais pour les caravanes, de bains isolés (mais où trouvaient-ils l'eau dans ce désert ?) ou de pavillons de chasse (bien que dans ce désert, je me demande bien ce qu'ils devaient chasser).

La raison de la construction et de l'utilisation de ces forteresses n'est pas très claire. Certains pensent que c'étaient des lieux de retraites pour les princes omeyades (étant à l'origine des nomades, cela devait être un retour aux sources) D'autres disent qu'en raison des systèmes d'irrigation trouvés aux alentours, ce furent des fermes dans un but d'étendre les zones agricoles. Mais ils auraient pu aussi servir de lieux officiels de représentation des omeyades pour maintenir les contact avec les tribus de la région. Et il n'est pas exclu non plus que ces châteaux servaient de refuge pour fuir les épidémies (dont la peste) des villes.

Laissez-moi vous en présenter 4 plus en détail, dans le sens de ma visite :

Nous avons quitté Amman au petit matin sur la route nous menant en direction de la Syrie et de l'Iraq. Nous passons non loin de Zarqa et de la base aérienne de Zarqa-Dawson, dont certains se souviennent peut-être, lors d'un détournement d'un avion de Swissair en Septembre 1970 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Zarka). Le premier château que nous voulons visiter, se situe juste après la croisée des chemins des routes de Syrie et d'Irak.

Qasr HallabatQasr Hallabat

Nous découvrons ce château à la sortie d'un petit village. Un petit bâtiment sert de musée et maison du garde. Puis il faut parcourir environ 100 mètres dans la caillasse pour parvenir sur l'autre colline et découvrir une ruine en restauration. Ce château aurait été construit sur une forteresse romaine et même les nabatéens (connus à Petra) y auraient séjourné.

 

 

 

La mosquée se trouve en dehors du palais, en arrivant sur la gauche et se visite en premier. Elle est relativement bien conservée.

 

 

Puis deux enfants nous ouvrent les portes du petit palais, entouré par 4 tours. Ce qui impressionne le plus au milieu de ces ruines, c'est la mosaïque de la cour centrale dans un très bon état de conservation.

Qasr Hallabat     Qasr Hallabat

Qasr Hallabat     Qasr Hallabat

Puis nous avons repris notre route, pour s'enfoncer un peu plus dans ce désert plat.

Qasr Azraq

Qasr Azraq

Qasr Azraq

Nous arrivons à un nouveau croisement de routes ; en continuant vers le Nord-est, on se dirige vers l'Iraq et en prenant vers le Sud-est, on rejoint l'Arabie Saoudite. Nous voici arrivés à Azraq. Ville située à un peu plus d'une centaine de kilomètres d'Amman, cette ville existe grâce à son oasis, la seule sur plus de 12'000 kilomètres carrés. D'ailleurs, aujourd'hui, cet écosystème est une réserve protégée. Ce site est si ancien que des sites paléolithiques y ont été découverts. Fortifiée depuis la période romaine, la ville à vu défilé de nombreux régents : les nabatéens, les mamluks, les omeyades, les ottomans jusqu'à Lawrence d'Arabie lors de la révolution arabe du 20e siècle.

 

 

Le château est construit principalement en basalte, ce qui en fait un des plus sombres de toute la région. La visite commence par l'entrée par la tour principale. Au premier étage de la tour, avec une poutraison bien conservée se trouvait la chambre de Lawrence d'Arabie lors de son séjour en 1917-1918. Il fait d'ailleurs référence à ce château dans son livre « Les Sept Piliers de la Sagesse ». C'est le fait que Lawrence soit passé par lait qui fait vendre ce lieu aux touristes. Ce qui m'a impressionné durant cette visite, ce sont les deux portes faites de pierres monobloc pesant une tonne chacune. Bref, ainsi, dur de faire claquer les portes et merci l'huile de palme pour faire bouger les gonds. Puis on peut visiter la cour central, les quartiers des garnisons, les écuries, et la mosquée, dans la cour centrale. Peu de bois fut utilisé dans ce château, car mis à part le bois trop souple des palmiers, il n'y avait que des pierres à l'horizon.

 

 

 

Qasr Azraq     Qasr Azraq

Qasr Azraq     Qasr Azraq

Pour la pause de midi, nous avons décidé de nous arrêter dans un hôtel restaurant indiqué comme escale dans un vieux guide touristique. Et bien croyez-moi, je m'en souviens encore. Le lieu était dans un état déplorable, nous fûmes les seuls clients de la journée et il nous a fallu attendre plus d'une heure avant de recevoir notre commande. En plus, la qualité n'était pas au rendez-vous et la facture fut très salée pour la qualité du lieu et du service. Une adresse à déconseiller. Préférez plutôt les petits restos près du site, prévus pour les cars des tour opérateurs.

Qusair Amra Qusair Amra

 

Nous reprenons alors la route du retour vers Amman, par la route Sud. Celle-ci nous mène alors, après 20 km au petit palais d'Amra, surement l'un des plus connus, puisque ce château est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, pour un des plus importants exemple de l'art pré-islamique et ses fresques montrant des scènes de chasse datant de l'an 700. Sur une des fresques, il y a ce qui est considéré comme une des premières représentations du ciel nocturne sur une surface non plane.

 

 

Ce site ressemble plus à une résidence secondaire, avec des thermes. Un puits se trouve devant le bâtiment, avec un système de roue actionné par des animaux qui permettait d'extraire l'eau du puits vers une citerne et les thermes à bains chauds (on peut bien se demander pourquoi ils avaient besoin de bains chauds en plein désert).

 

 

 

 

 

Qusair Amra     Qusair Amra

Qusair Amra     Qusair Amra

Qasr Kharana

Qasr Kharana

Enfin, à la tombée du jour, en nous rapprochant d'Amman, nous découvrons la dernière curiosité, le château de Kharana. Château construit au début du 8e siècle, il est considéré comme un des premiers exemples de l'architecture Islamique, et c'est un des mieux conservé de la région avec Qusair Amra. De loin, il ressemble à une véritable forteresse carrée, perdue au milieu de nulle part. Malgré la structure, ce ne fut pas une forteresse, mais plutôt une résidence ou logis pour les caravaniers de passage. Mais sont utilisation exacte demeure encore floue aujourd'hui. En passant au travers de la porte massive, on y découvre une petite cour intérieure, avec tout autour 60 pièces sur 2 étages. Ce qui surprend malgré tout pour une telle utilisation, c'est qu'il ne semblait pas y avoir de source d'eau à proximité, et ce bâtiment ne se trouve pas sur une route commerciale de l'époque.

 

 

 

 

 

Qasr Kharana     Qasr Kharana

Qasr Kharana     Qasr Kharana

Et après cette journée bien remplie, il ne nous resta plus qu'à reprendre notre route jusqu'à Amman.

 

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