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Solférino, un certain 24 juin 1849, cela vous dit-il quelque chose?
Ce jour là dans le Nord de l'Italie eut lieu une grande bataille entre l'armée dirigée par Napoléon III lui-même et les troupes autrichiennes de l'empereur François Joseph. C'est à cet endroit qu'arriva dans la soirée M. Henry Dunant. A la Chiesa Maggiore de Castiglione, il vit les nombreux morts et blessés que la bataille avait laissé. Il y passa
quelques jours, mais cet événement restera à jamais gravé dans sa mémoire. Le 8 novembre 1862, il publia "Un souvenir de Solférino". Ces événement furent à l'origine de ce
que tout le monde connaît aujourd'hui: La Croix-Rouge.

2009 marque deux anniversaires importants: les 150 ans de la fondation de la Croix-Rouge et les
60 ans des Conventions de Genève. Pour marquer l'événement, un grand rassemblement des personnes engagées dans les divers organes constituant le Mouvement Croix-Rouge s'est tenu
durant la semaine du 24 juin à Solférino et dans les environs. Laissez-moi vous présenter en quelques images les lieux qui ont marqué l'histoire.
Solférino
Solférino est une petite bourgade située en Lombardie, dans la province de Mantoue. La ville
compte moins de 3000 habitants. Mais en 1859, lors de la fameuse bataille qui rendit la ville célèbre, plus de 300'000 soldats se livrent au combat et il en résultera plus de 35'000 blessés ou
tués. La bataille eut lieu alors que personne ne s'y attendait.
Les détails de la bataille, extraits tirés du site Internet Wikipedia (http://fr.wikipedia
.org/wiki/Bataille_de_Solférino):
Le contexte

Le conflit entre l'empire austro-hongrois et la coalition franco sarde est née de la promesse
faite par Napoléon III au roi Victor Emmanuel II de l'aider à faire autour de lui l'unité de l'Italie en échange de la Savoie et Nice.
Après la victoire de Magenta, l'armée d'Italie se tourne vers l'Est pour suivre l'ennemi. La progression est ralentie par les destructions opérées par les troupes autrichiennes et par les
pluies incessantes. L'ennemi se replie successivement derrière plusieurs affluents du Pô : l'Adda, l'Oglio et la Chiese.

La veille
Dans la matinée du 23 juin, l'empereur d'Autriche donne l'ordre à ses troupes de se tourner
vers l'ouest, elles regagnent la rive droite du Mincio où elles reviennent occuper les positions abandonnées quelques jours auparavant. (Un des points de passage sur le Mincio fut
Valeggio sul Mincio, dont vous voyez quelques photos ci-dessus) Cette manœuvre est destinée à mettre en place l'armée des Habsbourg sur les collines morainiques au sud du lac de
Garde et, à partir de cette position qui domine la plaine, lancer une attaque sur l'armée franco sarde, exploitant ainsi le chaos dans lequel celle-ci se trouverait lors de la traversée du Chiese,
dont les ponts ont été détruits, au cours de la retraite, sur ordre de Gyulai, commandant l'armée austro-hongroise.
Contrairement aux suppositions des Autrichiens, grâce à l'efficacité du génie français, le gros de l'armée franco sarde a déjà traversé le Chiese au cours de la journée du 22 juin et elle se
prépare à avancer rapidement vers le Mincio, encouragée par les rapports des patrouilles de reconnaissance qui, quelques jours plus tôt, ont pu vérifier le repli de l'ennemi et par la
conviction que la bataille aura lieu sur les rives de cette rivière comme cela semble logique et tactiquement favorable pour les Autrichiens

Aux premières heures du 23 juin, Napoléon III et Victor Emmanuel II se rencontrent sur la colline de Lonato pour discuter d'une dépêche envoyée par l'impératrice
Eugénie, qui contient d'inquiétantes informations sur d'importants mouvements de troupes prussiennes sur le Rhin. La lettre contient une invitation pressante à la
conclusion rapide de la campagne d'Italie afin que l'armée française puisse rentrer chez elle pour défendre ses frontières. Après un bref entretien privé, les
souverains regagnent leurs quartiers généraux.
Les combats des patrouilles de reconnaissance qui se produisent tout au long de la journée convainquent les Autrichiens qu'ils ont intercepté les premières avant
-gardes franco sarde et ceux-ci pensent avoir établi le contact avec l'arrière-garde autrichienne, tout comme à Melegnano.
En fait, les deux armées sont déployées sur deux lignes parallèles très proches l'une de l'autre et qui s'étend du Nord au Sud sur 20 km.
La bataille
Selon le plan établi, à l'aube du 24 juin, l'armée franco sarde se déplace vers l'Est afin de se déployer le long
de la rive droite du Mincio. Comme première étape matinale, l'armée française aurait due occuper les
villages de Solferino, Cavriana, Medole et Guidizzolo, respectivement avec le Ie corps d'armée du général
d'Hilliers, le 2e corps d'armée du maréchal Mac-Mahon, le 3e corps d'armée du général Canrobert et le 4e
corps d'armée du général Niel, tandis que les quatre divisions de l'armée sarde sont chargées de prendre place à Pozzolengo.
Après quelques kilomètres, inévitablement, les colonnes franco sardes entrent en contact, les unes après les
autres, avec les troupes autrichiennes, fortement implantées précisément à Solférino, Cavriana, Medole, Guidizzolo et Pozzolengo. En quelques heures, de 4 h à 7 h, des féroces combats ont lieu qui conduisent à
une mêlée générale, chaotique et très violente, qui dure plus de 18 heures. L'absence de plan de bataille ordonné, l'équilibre des forces en jeu et la détermination féroce des deux
camps sont les principales causes de l'énorme carnage. De nombreux combats se déroulent à Medole, Solferino et San Martino qui correspondent, respectivement, aux secteurs sud, central et nord d'un vaste
front.
La bataille de Medole
Les combats du 24 juin 1859 débutent à Medole, dans le secteur sud du front, vers 4 heures du matin. Au
cours de la marche qui doit le conduire à Guidizzolo, en passant par le village de Medole, le 4e corps d'armée français affronte un régiment avancé de la Ie armée autrichienne.
Le général Niel décide d'engager immédiatement la bataille, et faisant preuve d'une stratégie peu commune,
il déploie ses forces aux limites Est du territoire de Medole, empêchant ainsi les trois corps de l'armée
autrichienne, présent à Guidizzolo, de soutenir les soldats de la IIe armée placés sur les hauteurs de Solferino
et durement attaqués par les colonnes françaises du général d'Hilliers et du maréchal Mac-Mahon.
Les troupes de Niel, même si elles sont numériquement inférieures et déployées sur une ligne de 5 km, réussissent à contenir les assauts ennemis par une habile
alternance d'actions de défense et de contre-attaques sur les points névralgiques de Crocevia, Quagliara, Casa Nuova, Baite et Rebecco.
Les combats, qui durent 15 heures et jusqu'à la retraite des Autrichiens, provoquent dans les deux camps la perte 14 279 hommes.
La bataille de Solférino
Vers 4h30, l'avant-garde du Ier corps d'armée française, commandé par le maréchal Baraguey d'Hilliers, établit le
contact avec les troupes autrichiennes du Ve corps d'armée dirigée par feld-maréchal Stadion à proximité de Grole sur le territoire de Castiglione delle Stiviere.
Une demi-heure plus tard, le IIe corps d'armée français, commandé par le maréchal Patrice de Mac-Mahon rencontre
les divisions austro-hongroises postées au hameau de Ca' Morino sur le territoire de Medole.
Les troupes autrichiennes, fortes de trois corps d'armée positionnés à Solferino, Cavriana et Volta Mantovana, résistent
longtemps aux assauts conjugués de Ie et IIe corps français contraignant Napoléon III à engager la garde impériale dans la bataille.
Solferino est arrachée au Ve corps d'armée de Stadion en début d'après midi et le déploiement français se poursuit pour
conquérir Cavriana où il rencontre également une forte résistance du Ie corps d'armée du maréchal autrichien Clam
-Gallas. L'engagement de troupes fraîches vers 15 heures, composées du IIIe corps d'armée français du général Canrobert permet d'occuper Cavriana peu avant 18 heures.

La Légion dans cette bataille
Le 2e régiment étranger, aux ordres du colonel Signorino, participe à la campagne d'Italie. En arrivant à
hauteur de Casa Marino, les légionnaires, avec le deuxième régiment de zouaves, formant l'avant-garde du deuxième corps d'armée commandé par le maréchal de Mac-Mahon, rencontrent une forte colonne
autrichienne se dirigeant sur Castiglione. Le 24, les légionnaires se dirigent en direction de Mantoue. Les premières salves d'artillerie des vedettes
ennemies sont tirées. En début d'après-midi, sous une chaleur accablante, les légionnaires et les zouaves
prennent Cassiano. Le maréchal de Mac-Mahon donne l'ordre aux compagnies de voltigeurs de la Légion de
se déployer pour permettre la mise en place de l'artillerie au centre de la bataille. Les combats acharnés et
terribles obligent les légionnaires à aborder l'ennemi à la baïonnette. Le 2e régiment étranger déplore cependant 6 morts et 38 blessés, ce qui est peu au regard des pertes totales

La bataille de San Martino
Le premier régiment sarde à entrer en contact avec les Autrichiens est la 29e compagnie de bersaglieri,
dirigé par le jeune lieutenant-colonel Raffaele Cadorna qui précède l'avant-garde de la 5e Division «
Cucchiara » se dirigeant vers Pozzolengo. C'est l'action qui engage, vers 7 heures du matin, une longue et sanglante bataille pour le contrôle de Pozzolengo, menée principalement dans les bourgs de San
Martino et Madonna della Scoperta. La formation autrichienne, en nette infériorité numérique, est déployée sur des positions dominantes. Le
feld-maréchal Benedek mène ses hommes avec beaucoup d'habileté, réussissant à tenir ses positions jusqu'à la fin de soirée, lorsque les armées austro-hongroise se retirent de Solferino, Cavriana,
Guidizzolo e Volta Mantovana, se mettant à l'abri au-delà du Mincio.

Les premières pages d"Un Souvenir de Solférino" écrit par Henry Dunant retracent très bien dans quelles conditions fut menée la bataille et surtout comment furent traités les
blessés.
Peu après la bataille, de nombreux cadavres furent enterrés directement sur place. Ce n'est que 10 ans plus tard (en raison d'une loi) qu'une sépulture décente fut donnée aux
combattants. Un comité fut formé et il acheta toutes les terres aux alentours de Solférino. Les corps furent déterrés et mis dans divers ossuaires à travers la région. Plusieurs
milliers d'ossements se trouvent ainsi exposés dans une des chapelles de Solférino. Ne vous y trompez pas. Dans l'image ci-dessous, ce que l'on voit dans le fond de la
chapelle, ce ne sont que des crânes humains, et sur le haut, des os de jambes ou de bras.

Les chapelles latérales ainsi que la crypte en sont également remplies. On prend ainsi mieux la mesure de cette bataille.

Le mémorial de la Croix-Rouge

Afin de marquer définitivement la naissance de la Croix-Rouge, un mémorial fut élevé au-dessus de Solférino lors du 50e anniversaire. Outre l'allée de cyprès, une Croix Rouge
est installée au centre d'un mur de pierre. A droite du mémorial se trouvent les pierres représentant tous les pays membres du mouvement Croix-Rouge.

La pensée fondatrice telle qu'écrite par Henry Dunant dans "Un Souvenir de Solférino" est gravée à jamais dans la pierre, sur la droite du mémorial:

N'y aurait-il pas moyen pendant une période de paix et de tranquillité de constituer des
sociétés de secours dont e but serait de faire donner des soins aux blessés en temps de guerre par des volontaires zélés, dévoués et bien qualifiés pour une pareille oeuvre?
Castiglione delle Stiviere
Ce qu'il faut savoir, c'est qu'en réalité Henry Dunant n'a jamais mis les pieds à Solférino. Toutes les scènes d'horreur qu'il a vues se sont déroulées dans la ville de Catiglione,
transformée en grand hôpital de campagne. Cette ville est située à 5 kilomètres de Solférino, en retrait de la ligne de front. Henry Dunant n'aurait traversé le champ de bataille
en contournant Solférino que le 27 juin (soit 3 jours après la bataille), en se rendant voir Napoléon III à Cavriana (c'est lui même qui le raconte dans son livre).
Mais alors pourquoi a-t-il intitulé son livre "Un souvenir de Solférino" et tout le monde parle de Solférino comme le berceau de la Croix-Rouge. La raison en est simple. A
Castiglione, une première bataille eu lieu en 1796 entre Français et Autrichiens avec la victoire des Français. En 1859, les Italiens se battent aux côtés des Français et cette
bataille est en quelque sorte un point fort de la fondation de l'unité italienne. Tout le monde se référait à cette bataille (qui s'était déroulée dans de nombreux villages) comme la
bataille de Solférino. Henry Dunant (pour ne pas créer la confusion avec la bataille de 1796) a alors préféré le nom de Solférino à celui de Castiglione.
Ceci explique que le mémorial Croix-Rouge se trouve à Solférino, mais qu'en fait l'Eglise de la Chiesa Maggiore dont il est question dans son livre et qui lui a inspiré son idée se trouve à Castiglione.



C'est également à Castiglione que se trouve le musée international de la Croix-Rouge, dans lequel on peut voir des anciennes ambulances, les outils de chirurgien pour
l'extraction des balles, une des premières versions originale d'"Un Souvenir de Solférino"... Ce musée fut inauguré en 1959, à l'occasion du centenaire de la Croix-Rouge.


" .....les femmes de Castiglione voyant que je ne fais aucune distinction de nationalité, suivent mon exemple en témoignant la même bienveillance à tous ces
hommes d'origines si diverses, et qui leur sont tous également étrangers: " Tutti fratelli " (tous frères ) répétaient-elles avec émotion. Honneur à ces femmes
compatissantes, à ces jeunes filles de Castiglione....."
(du manuscrit du livre de Henry Dunant: "Un souvenir de Solferino")

La fiacolatta
Chaque année en juin, afin de marquer la bataille de Solférino, des centaines de volontaires du Mouvement Croix-Rouge se retrouvent chaque année à Solférino et Castiglione.
Un village humanitaire y est construit pour une semaine et des dizaines de stands présentent les activités de divers partenaires.



A l'occasion de cet anniversaire, toute la ville de Solférino ainsi que celle de Castiglione étaient en fête.


Notre délégation du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), fut reçue par le maire de Solférino pour une petite cérémonie officielle. Note délégation était emmenée
par Cornélio Sommaruga, ancien président du CICR de 1987 à 1999.

A la tombée de la nuit du samedi soir, une grande marche aux flambeaux est organisée, de Solférino vers Castiglione, pour symboliser le parcours fait pas les blessés pour
arriver au poste de secours où se trouvait Henry Dunant. Cette procession existe depuis 1992. En raison de la forte affluence pour les commémorations du 150e anniversaire et
des contraintes logistiques, en 2009 cette marche eut lieu en boucle à Solférino, depuis la tour de Solférino jusqu'au village humanitaire, en parcourant diverses rues de la ville
sur 10 kilomètres. Environ 10'000 personnes étaient présentes.


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