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Un jour, quelqu'un m'a fait la remarque que sur les photos on ne voit que
(relativement) peu de gens. Où sont-ils ? A la sieste ? Il n'y a pas d'Ethiopiens en Ethiopie. Ou bien ils sont si maigres à cause de la sécheresse qu'ils disparaissent
facilement derrière leur fusil, derrière les arbustes, ils n'ont que deux dimensions et je les prends donc en photo toujours de profil ?
Point de cela. Et la réponse que je peux donner à cette remarque est très simple et je vous ai préparé une sélection photos spéciale dans les rues pour attester mes dires)

En fait, (et comme je pense dans beaucoup de ces pays du sud) des gens il y en a beaucoup, partout, toujours. En ville, il est impossible de se retrouver tout seul. Et même dans le bush, peu importe où l'on
s'arrête dans le coin le plus paumé, je pense qu'il ne faut pas plus de 10 minutes pour que des gens sortis d'on ne sait où entourent la voiture. Comme beaucoup de gens n'ont pas de voiture, tous les déplacements
se font à pieds. En ville, la plupart du commerce, la vie familiale (lessive, vaisselle, cuisine) des gens modestes se fait dans la rue, donc il y a toujours de l'animation. Et comme la main d'œuvre coûte beaucoup
meilleur marché que du matériel, il y a toujours plein de monde qui travaille partout (alors que chez nous les machines automatiques ont remplacé depuis longtemps l'homme). A titre d'exemple, sur les chantiers de
constructions, il vaut mieux payer dix ouvriers pour porter du gravier que d'acheter une brouette.
Mais alors
pourquoi si peu de gens sur les photos ?
Le problème, c'est que beaucoup ne veulent pas être pris en photo. Alors pour éviter des malentendus, j'évite de prendre des photos de foule. En tant que Blanc, dès
qu'on est à pied quelque part, on est tout de suite repéré et tous nos gestes sont observés. Il faut donc éviter les malentendus. Prendre des photos peut souvent être
mal interprété. Surtout lorsqu'on ne trouve pas loin une grosse voiture avec de grosses croix rouges de tous les côtés. Voilà pourquoi bien des photos sont prises
lorsqu'il n'y a pas trop de monde et lorsque l'accord des personnes concernées a été obtenu. Ce qui fait donc qu'il n'y a pas beaucoup de ce genre de photos.

Les réactions face aux photos sont très différentes de la vision que nous avons en Europe. Par exemple, il faut éviter de prendre les gens en photos sans leur accord, car beaucoup
craignent qu'après on utilise ces photos pour les dénoncer auprès du gouvernement. Il ne faut pas prendre en photos certains lieux sacrés (églises, arbres des anciens du village,
lieux de rassemblement) pour ne pas leur enlever leur âme. Et bien souvent dans les lieux touristiques pour passer outre ces interdits, il suffit de mette la main au porte-monnaie, car
vous pouvez être sûr que l'arbre ou le paysage que vous voulez prendre en photo appartient à la personne qui passe dans les parages (et comme j'ai dit qu'on n'est jamais
seul, il y a toujours quelqu'un qui passe dans les parages). A Addis, comme la ville est un peu plus habituée au monde moderne, prendre des photos est un peu plus libre.
J'espère que ces explications vous conviennent.
Et pour vous prouver qu'il y a bien du monde dans les rues, voilà encore quelques photos volées:














Et encore quelques portraits pour le plaisir des yeux.







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