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Arba Minch est la capitale de l'ancienne province du Gamo-Gofa. La ville se situe juste entre les lacs Abaya et Chamo. La visite en bateau sur le lac vaut le détour pour ses animaux sauvages (crocodiles, flamants roses, pélicans, ibis, hippopotames...).
Puis nous continuons la route vers le sud pour aller à la rencontre des tribus les plus primitives du pays, les tribus de la vallée de l'Omo. Après Arba Minch, fini les routes goudronnées, fini la modernité, l'Afrique reculée s'offre à nous. Après 90 kilomètres (ce qui représente environ 4 heures de route), nous arrivons à Konso. Dans cette région, on a découvert des fossiles humains vieux de 1.3 à 1.9 millions d'années et le site pourrait tout prochainement devenir patrimoine mondial de l'UNESCO. Le village voisin de Gesergio, aussi appelé "New-York" possède une belle légende (et oui une de plus): Des voleurs ont enterré à Gesergio des tambours sacrés. Les habitants de la région ont imploré Dieu de les aider à retrouver le butin. Et Dieu les as déterré lui même avec sa main. Et aujourd'hui, on peut encore voir les traces de cette excavation sacrée.
Les Konso
Mais la tribu Konso est encore plus réputée pour ses statues et cultures en terrasse. La région étant très aride et escarpée, les Konso ont développé depuis des centaines d'années la construction de murets de pierres pour avoir une multitude de terrasses cultivables.
Les immenses murs de pierre autour des villages servent également de défense contre les animaux et les crues sauvages après les pluies, de même que contre les visiteurs indésirables... Dans le village, chaque rue est entourée de murs de pierres avec de petites portes qui donnent accès à de petites cours intérieures dans lesquelles se trouvent plusieurs maisons. Pour pénétrer dans ses cours via un petit tunnel, il faut se plier en deux, voire même se mettre à genoux. Cela met ainsi tout ennemi dans une position peu favorable pour envahir la maison.
Lorsque les guerriers Konso meurent, ils sont honorés par la fabrication de statues de bois à leur effigie: la Waga. Celles-ci sont construites d'après des règles très strictes. Le héro (ou chef) est traditionnellement reconnaissable à la corne ornementale sur son front (Khalasha). Les femmes (certains peuvent en avoir 2, 4) sont reconnaissables par les colliers et les seins. La statue du défunt peut aussi être entourée par les statues des ennemis ou animaux qu'il a tués (dans ce cas leur taille est plus petite et sans ornements). Les yeux sont généralement fait de coquillages ou d'œufs d'autruche, les dents à l'aide d'os de chèvre. La tradition veut également que la mort du chef du village ne soit pas annoncée tout de suite. Le conseil des anciens va annoncer que le chef est gravement malade et qu'il ne peut plus recevoir les villageois. La dépouille va être momifiée et conservée dans sa case.
Le chef (enfin sa momie , celle que nous avons vue à 6 mois, dans la cour de la maison qui a été soigneusement préparée pour l'occasion sur sa chaise) ne reçoit que les personnes importantes (dont les touristes font partie) mais en aucun cas des gens de la région (les anciens veulent maintenir le secret). Sa mort ne sera annoncée que si des événements graves menacent le village ou au plus tard 8 ans après la mort. Alors à ce moment une grande fête est organisée et sa statue fabriquée. (A ce sujet, je vous encourage à voir le film documentaire "Konso, rites funéraires" dont je vous avait parlé fin novembre lors du festival du film documentaire de l'Alliance Française). Malheureusement, la tradition des statues se perd aujourd'hui en raison du vol. Les habitants gardent donc maintenant les statues dans leurs maisons. Ils faut savoir que vendre ses statues à Addis Abeba à des diplomates ou des touristes peut rapporter plus de 3000 dollars (alors qu'un salaire annuel est bien souvent inférieur à 200 dollars dans cette région). Une autre raison de cette disparition est due aux missionnaires qui découragent le culte des anciens.
Les Hammer:
La population Hammer est estimée à 30'000 personnes. Considérés comme agro-pastoralistes, ils cultivent le sorghos, des légumes, du millet, du tabac et du coton, de même qu'un peu d'élevage de chèvres et moutons. Le miel sauvage est une part importante de leur alimentation. Cette tribu est réputée pour sa poterie et leur style de coiffure. Les femmes mélangent de la graisse animale avec de l'ocre et s'enduisent le corps et les cheveux de cette mixture (bonjour les odeurs...).
Si ils ont tué un ennemi ou un animal féroce, les hommes ont le droit de se faire un chignon d'argile qui porte des plumes d'autruches. Avec l'aide d'un repose-tête en bois pour dormir (très répandu dans toute l'Éthiopie), le chignon peut tenir 3 à 6 mois et peut être refait jusqu'à une année.
Une des traditions de cette tribu est le saut de la vache. Nous avons vraiment eu de la chance de tomber le jour de la semaine ou le village organisait sa cérémonie. Après plusieurs heures de préparation (peintures décoratives), le troupeau est réuni au centre des villageois qui se regroupent et font des incantations. Un homme est sélectionné pour l'épreuve. Le troupeau est aligné et la personne doit enjamber tout le troupeau aller-retour, afin de gagner la reconnaissance du village.
Les Mursi:
C'est sûrement le peuple le plus connu de la vallée de l'Omo, car sujet de nombreux reportages à la télévision. Les Mursi, estimés à une population de 5000 personnes aujourd'hui sont principalement pastoralistes qui se déplacent suivant les saisons entre la basse steppe de Tama et les montagnes Mursi dans le parc national Mago. Certains Mursi pratiquent la culture par irrigation, principalement dans les régions où la mouche Tsé-Tsé empêche l'élevage. Le miel est collecté dans des ruches locales. Leur langue est d'origine Nilo-Saharienne. Leur tradition la plus connue est le fait de se percer la lèvre des femmes pour y placer un plateau d'argile. Pour les hommes, il s'agit principalement de la guerre du bâton.
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