Vallée de l'Omo

Partez à la découvertes de diverses tribus et villes:

Wondo GenetEn prenant la route vers le Sud, nous passons le lac Langano (le lac dans lequel on peut se baigner sans risque de bilharzioze), Shashemene (connue pour sa communauté de Rastafaris, venus de Jamaique) et sa source d'eau chaude de Wondo Genet pour arriver à Arba Minch, 8h de voiture sur une route goudronnée (certes avec quelques trous).

  

Arba Minch est la capitale de l'ancienne province du Gamo-Gofa. La ville se situe juste entre les lacs Abaya et Chamo. La visite en bateau sur le lac vaut le détour pour ses animaux sauvages (crocodiles, flamants roses, pélicans, ibis, hippopotames...).

  

 

 

 

Crocodile  Hippopotame

Crocodile

Puis nous continuons la route vers le sud pour aller à la rencontre des tribus les plus primitives du pays, les tribus de la vallée de l'Omo. Après Arba Minch, fini les routes goudronnées, fini la modernité, l'Afrique reculée s'offre à nous. Après 90 kilomètres (ce qui représente environ 4 heures de route), nous arrivons à Konso. Dans cette région, on a découvert des fossiles humains vieux de 1.3 à 1.9 millions d'années et le site pourrait tout prochainement devenir patrimoine mondial de l'UNESCO. Le village voisin de Gesergio, aussi appelé "New-York" possède une belle légende (et oui une de plus): Des voleurs ont enterré à Gesergio des tambours sacrés. Les habitants de la région ont imploré Dieu de les aider à retrouver le butin. Et Dieu les as déterré lui même avec sa main. Et aujourd'hui, on peut encore voir les traces de cette excavation sacrée.

New-York   New-York

Les Konso

Paysage konso

 

Villageoise Konso et son enfant

 

 

Mais la tribu Konso est encore plus réputée pour ses statues et cultures en terrasse. La région étant très aride et escarpée, les Konso ont développé depuis des centaines d'années la construction de murets de pierres pour avoir une multitude de terrasses cultivables.

 

Les immenses murs de pierre autour des villages servent également de défense contre les animaux et les crues sauvages après les pluies, de même que contre les visiteurs indésirables...  Dans le village, chaque rue est entourée de murs de pierres avec de petites portes qui donnent accès à de petites cours intérieures dans lesquelles se trouvent plusieurs maisons. Pour pénétrer dans ses cours via un petit tunnel, il faut se plier en deux, voire même se mettre à genoux. Cela met ainsi tout ennemi dans une position peu favorable pour envahir la maison.

 

 

 Lorsque les guerriers Konso meurent, ils sont honorés par  la fabrication de statues de bois à leur effigie: la Waga. Celles-ci sont construites d'après des règles très strictes. Le héro (ou chef) est traditionnellement reconnaissable à la corne ornementale sur son front (Khalasha).

Les femmes (certains peuvent en avoir 2, 4) sont reconnaissables par les colliers et les seins. La statue du défunt peut aussi être entourée par les statues des ennemis ou animaux qu'il a tués (dans ce cas leur taille est plus petite et sans ornements). Les yeux sont généralement fait de coquillages ou d'œufs d'autruche, les dents à l'aide d'os de chèvre. La tradition veut également que la mort du chef du village ne soit pas annoncée tout de suite. Le conseil des anciens va annoncer que le chef est gravement malade et qu'il ne peut plus recevoir les villageois. La dépouille va être momifiée et conservée dans sa case.

Statue Konso  Momie

Le chef (enfin sa momie , celle que nous avons vue à 6 mois, dans la cour de la maison qui a été soigneusement préparée pour l'occasion sur sa chaise) ne reçoit que les personnes importantes (dont les touristes font partie) mais en aucun cas des gens de la région (les anciens veulent maintenir le secret). Sa mort ne sera annoncée que si des événements graves menacent le village ou au plus tard 8 ans après la mort. Alors à ce moment une grande fête est organisée et sa statue fabriquée.  (A ce sujet, je vous encourage à voir le film documentaire "Konso, rites funéraires" dont je vous avait parlé fin novembre lors du festival du film documentaire de l'Alliance Française). Malheureusement, la tradition des statues se perd aujourd'hui en raison du vol. Les habitants gardent donc maintenant les statues dans leurs maisons. Ils faut savoir que vendre ses statues à Addis Abeba à des diplomates ou des touristes peut rapporter plus de 3000 dollars (alors qu'un salaire annuel est bien souvent inférieur à 200 dollars dans cette région). Une autre raison de cette disparition est due aux missionnaires qui découragent le culte des anciens.

PistePuis nous reprenons la route pour nous rendre encore plus au sud, près de la frontière Kenyane et Soudanaise, à Turmi et Dimeka, aux portes de la basse Vallée de l'Omo. Cet endroit est unique au monde par la telle diversité de tribus qui peuplent une si petite région et considérés comme les plus fascinants d'Afrique. Nous pouvons citer les Ari (100'000 pers), les Banna (35'000 pers), les Bodi (2500 pers), les Bumi (6000 pers), les Dizi, les Hammer (30'000 pers), les Karo (1000 pers), les Koygu, les Mursi (5000 pers), les Surma (40'000 pers). Le parc de l'Omo est une réserve naturelle protégée, tout comme les tribus qui y habitent. L'endroit étant si retiré, il a longtemps été protégé des influences extérieures, ce qui est encore le cas aujourd'hui en raison de sa protection. On a vraiment l'impression de revenir des centaines d'années dans le passé. La mouche tsé-tsé est abondante dans la région (et cela fait très mal quand elle pique, expérience faite) tout comme la malaria, ce qui est un grave problème pour la survie de ses tribus. Dans ces contrées arides, le pillage des autres tribus fait partie de la vie (il faut donc faire très attention à nos affaires). Mais le mot voleur n'existe pas dans le langage Karo. Mais malgré cela, ils ne perdent pas le sens du commerce vis-à-vis des touristes (il n'y a qu'à voir l'inflation du prix pour prendre des photos). Et les taxes payés à l'entrée du parc servent à protéger ses tribus, notamment pour des soins. Eux aussi ont le droit de profiter du tourisme comme tout autre Éthiopien (mais au fait savent-ils qu'ils sont Éthiopiens? Moi je crois plutôt que la seule autorité reconnue est le chef du village et qu'ils sont guidés par leur religion animiste. Tous leurs voisins sont de potentiels ennemis).

Les Hammer:

Marché Hammer

 

 

La population Hammer est estimée à 30'000 personnes. Considérés comme agro-pastoralistes, ils cultivent le sorghos, des légumes, du millet, du tabac et du coton, de même qu'un peu d'élevage de chèvres et moutons. Le miel sauvage est une part importante de leur alimentation. Cette tribu est réputée pour sa poterie et leur style de coiffure. Les femmes mélangent de la graisse animale avec de l'ocre et s'enduisent le corps et les cheveux de cette mixture (bonjour les odeurs...).

 

Marchande

Si ils ont tué un ennemi ou un animal féroce, les hommes ont le droit de se faire un chignon d'argile qui porte des plumes d'autruches. Avec l'aide d'un repose-tête en bois pour dormir (très répandu dans toute l'Éthiopie), le chignon peut tenir 3 à 6 mois et peut être refait jusqu'à une année.

Portraits PortraitsLes Hammer sont aussi considérés comme les maîtres de la décoration corporelle. Chaque accessoire à son importance et sa signification. Par exemple le nombre de boucles d'oreilles démontre le nombre de femmes (et il n'est pas rare de voir des hommes avec au moins 4 boucles). Les femmes portent de nombreux colliers ou bracelets en fer, décorés de coquillages. Les colliers de fer autour du cou (appellés ensente) ne sont portés que par les femmes mariées ou fiancées. La taille indique la santé et le prestige de son mari. Les jeunes filles, elles, portent une plaque en métal sur le front. Le mariage entre différentes tribus est considéré comme un sacrilège, tout comme une femme n'est pas bonne à marier tant qu'elle est vierge.

 

 

 

Danses

Une des traditions de cette tribu est le saut de la vache. Nous avons vraiment eu de la chance de tomber le jour de la semaine ou le village organisait sa cérémonie. Après plusieurs heures de préparation (peintures décoratives), le troupeau est réuni au centre des villageois qui se regroupent et font des incantations. Un homme est sélectionné pour l'épreuve. Le troupeau est aligné et la personne doit enjamber tout le troupeau aller-retour, afin de gagner la reconnaissance du village.

Peintures du corps traditionnelles Danses Saut du troupeau

Troupeau

Fête

Les Mursi:

Portrait Mursi  Portrait Mursi

C'est sûrement le peuple le plus connu de la vallée de l'Omo, car sujet de nombreux reportages à la télévision. Les Mursi, estimés à une population de 5000 personnes aujourd'hui sont principalement pastoralistes qui se déplacent suivant les saisons entre la basse steppe de Tama et les montagnes Mursi dans le parc national Mago. Certains Mursi pratiquent la culture par irrigation, principalement dans les régions où la mouche Tsé-Tsé empêche l'élevage. Le miel est collecté dans des ruches locales. Leur langue est d'origine Nilo-Saharienne. Leur tradition la plus connue est le fait de se percer la lèvre des femmes pour y placer un plateau d'argile. Pour les hommes, il s'agit principalement de la guerre du bâton.

Portrait Mursi

Les Dorze

Vallée d'Arba Minch

 

A 35 kilomètres d'Arba Minch, sur les montagnes Cuge se trouve le froid et nuageux pays de la tribu Dorze. Cette tribu est connue pour leurs maisons en forme de ruches africaines. Les Dorzes sont des fermiers expérimentés, spécialisés dans la prévention de l'érosion du sol sur les versants de leurs montagnes (si on peut appeler cela des montagnes) par la fabrication de terrasses  (un peu comme les Konso ou nos bon vignerons valaisans).

 

Maison Dorze

Les meilleurs tissages de coton que l'on trouve en Ethiopie sont fabriqués par cette tribu. Les écharpes sont un très bon souvenir à ramener). La tradition veut que les femmes filent le coton alors que les hommes tissent.

Broderie

TisserandLes maisons des Dorze peuvent atteindre 12 mètres de hauteur et se profilent dans le paysage comme des ruches géantes. Elle sonts construites avec un mat central principal et du bambou tressé sur les côtés. Le dôme est recouvert par des feuilles de bananiers. Quand le feu est allumé dans l'intérieur très spacieux, on dirait que la maison fume de partout. A l'entrée, pointant comme le nez de la maison se trouve un petit vestibule pour l'accueil des visiteurs.

Bien que ses maisons paraissent fragiles, elles peuvent résister aux caprices du temps pendant plus de 60 ans (peut-on en dire autant de nos constructions modernes?). Si le toit s'envole, on en reconstruit tout simplement un avec la matière première disponible tout autour de la maison. Grâce à sa structure simple de mat central, la maison est facilement démontable et transportable. Dans le pire des cas, les termites et la pourriture auront raison de la maison et celle-ci sera alors abandonnée.

LA campagne

Les décoration du corps

Bien que les gens de la vallée de  l'Omo n'ont pas une culture matérielle très avancée, ils ont développé des formes d'art qui leur permettent une grande expression artistique, tout en leur servant des buts sociaux importants et cosmétiques. Les techniques de peinture corporelle et de scarification développées par ses tribus sont parmi les plus décoratives et extravagantes qu'il nous soit possible de voir dans le monde.

Portrait Mursi

Pour la plupart des Omos, la scarification sert de distinction pour les guerriers les plus courageux. Les hommes ne sont pas autorisés à se mutiler eux-mêmes, à moins qu'ils n'aient tués eux-mêmes une bête féroce. Pour les femmes, les marques (très visibles) de cicatrices sur la peau sont considérées comme très sensuelles par les hommes et devient donc une plus value notable pour la femme.

Mutilations du dos

J'ai pu constater moi-même cette cérémonie horrible: les jeunes filles s'approchant des jeunes hommes avec une fine baguette de bois et suppliant ces derniers de les flageller. Il fallait voir l'insistance des filles (qui se battaient même pour être l'une devant l'autre) face aux hommes très reluctants. Elles devaient vraiment faire preuve de persuasion.

Flagellation  Flagellation

Puis la fille se place face à l'homme et reçoit le coup sans broncher. Cela claquait toutes les 10 minutes.

La scarification est faite artistiquement avec une pierre, un couteau, un crochet ou une lame de rasoir. Puis de la cendre est frotté sur la plaie pour créer une petite infection et ainsi provoquer une cicatrisation très visible, ce qui provoque l'effet séducteur désiré sur la peau.

Voilà, je pense qu'il y en a assez. Vous l'avez peut-être oublié, mais les photos que vous voyez ont été prises en décembre 2003, il ne s'agit pas du tournage d'un film, mais bien de la réalité.

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