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Je vous ai déjà parlé de l'Ingéra je crois. Mais à quoi cela ressemble-t-il. Comme beaucoup d'animaux sauvages en Ethiopie,
les plats traditionnels sont aussi endémiques. Au début, on a du mal à s'y faire, mais avec le temps, on finit par les apprécier
(mais il y a toujours des exceptions). L'ingéra est à la base de presque tout les plats. On ne peut soi-disant pas oublier la
première fois qu'on en mange. Je dois dire que je n'ai pas beaucoup apprécié la première fois. Mais après en avoir pris
plusieurs fois par semaine, j'ai fini par apprécier ce plat. Cela n'a rien à voir avec les meringues et la double crème de la
Gruyère, ni avec la fondue fribourgeoise, encore moins avec le chocolat suisse. C'est beaucoup plus consistant que le sirop
d'érable canadien, plus tendre que les brochettes burkinabés, moins sucré que les fruits thaïlandais. A l'instar des spécialités du
Périgord, l'ingéra n'est pas servie avec un bon Bordeaux ou Sauternes, mais plutôt avec une Bati, St-Georges ou autre bière locale. Voilà à quoi cela ressemble.

C'est une sorte de crêpe géante qui sert de pain et sur laquelle sont disposés les plats cuisinés. L'ingéra est aussi servie sous
forme de rouleaux (attention à ne pas confondre avec les serviettes) que l'on déchire en bandes pour prendre la nourriture dans
l'assiette qui est posée sur un Mesnob (table très colorée en forme de champignon géant). Tout le monde mange dans le même plat avec les mains.

Un peu acide et à moitié fermenté, l'ingéra peut être difficile à digérer. Avec des aliments pimentés, cela va mieux (quand je
disais que cela ne ressemblait pas à la douceur de la fondue et du chocolat) Et comme le pain, cela rempli bien l'estomac.
Cette crêpe servant à prendre les aliments, pas besoin de services ou serviettes.
Suivant la préparation de la pâte et des céréales utilisées, le goût et la couleur peuvent varier. Le millet ou le sorgo servent de
base pour l'ingéra de moyenne qualité. Celle de bonne qualité est faite avec le tef, céréale éthiopienne indigène.
Le repas se termine avec la cérémonie du café (bouna) dans des vapeurs d'encens.

Et durant toute la soirée, le repas est agrémenté de danses et de musiques.

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