La plus grande course pédestre d'Afrique
Ce dimanche 30 novembre 2003 a eu lieu un des événements les plus importants d'Éthiopie: La grande course pédestre. Cette course se déroulant sur un parcours de 10 kilomètres au cœur même d'Addis-Abeba a
réuni dimanche plus de 18'000 coureurs. Ce nombre en fait la plus grande course pédestre d'Afrique, étant approchée de peu par un demi-marathon en Afrique du Sud qui regroupe près de 16'000 participants.

Même si certains ont parfois l'impression cette année qu'en Suisse toutes les courses sont gagnées par les Éthiopiens, que je vous rassure, ici aussi en Éthiopie se sont les locaux
qui gagnent (aucun des Kenyans n'ayant réussi à se classer dans les 10 premiers). Le record de 2001 (date de la première édition) d'Haile Gebreselassie a même été pulvérisé pour s'établir à 29'58.
Voici un petit aperçu de l'ambiance de la journée :

6h du matin, le soleil pointe le bout de son nez, Addis se réveille, Meskel Square s'anime doucement. Les derniers préparatifs pour la longue matinée débutent.

7h: Meskel est fermé à la circulation, les renforts militaires pour la sécurité arrivent, le portique de départ est installé.

8h: les 18'000 coureurs arrivent de tous côtés pour s'échauffer et sont mis en attente dans les rues précédant Meskel Square.

8h30: Le roi du Marathon, Haile Gebreselassie fait son entrée sur la place accompagné de son coach, ovation des coureurs.

8h45: les discours officiels commencent, l'ambiance chauffe. Les coureurs pressent contre le cordon policier pour s'approcher au plus près de la ligne de départ (allez retenir
une foule de 18'000 personnes avide de partir). J'en suis maintenant convaincu qu'Haile est un roi. Dès qu'il prend la parole pour encourager la foule, tout le monde se tait. Dès
qu'il demande aux gens de reculer et de ne pas pousser, tout le monde lui obéit.

8h58, Haile Gebreselassie donne le coup de klaxon du départ, les premiers coureurs ayant déjà dépassé de plus de 10 mètres la ligne de départ sous la pression de l'arrière.

Et pendant quelques minutes, c'est une foule compacte aux couleurs éthiopiennes qui défile sous nos yeux. Il en arrive des toutes les rues adjacentes.

9h08: les premiers coureurs finissent déjà la petite boucle. Hailé, en compagnie de l'entraîneur de l'équipe d'Athlétisme d'Éthiopie se tiennent au bord de la ligne. En passant
devant lui, les gens scandent son nom, même en plein effort. Certains vers l'arrière du peloton, entonnent des chants, un petit air de fête et de carnaval pour d'autres.

9h28: le premier homme franchit la ligne d'arrivée.

La première femme suivra quelques minutes plus tard.

Sans avoir l'air trop épuisée ???
11h: Alors que la cérémonie protocolaire bat son plein, les derniers coureurs franchissent la ligne d'arrivée. Durant toute la durée de la course, il régnait une ambiance folle dans
l'aire d'arrivée. Et pour ceux qui ont couru, ils avaient parfois l'impression d'être portée par tout ce monde en mouvement et que courir se faisait sans difficulté.

12h: la place est déjà nettoyée, la ville et Meskel Square rendus à leur rythme normal de dimanche, avec ses taxis bleus et les grosses fumées noires des pots d'échappements.
Moi, j'ai ramené une photo de contrastes, un grand à côté d'un grand champion (je crois qu'il n'est pas possible de se tromper).
Pour ceux qui désirent participer à cette course lors de la prochaine édition, il vous reste une année pour vous entraîner en altitude (2600 mètres).
Maintenant, vous pouvez continuer votre visite d'Addis. Ou si vous préférez, pour les mélomanes, découvrez la fête de la musique, version Alliance française en Ethiopie.
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