Ouahigouya

 

C'est la capitale de l'ancien royaume du Yatenga et aujourd'hui la troisième ville du pays. Ouahigouya est l'étape presque obligée sur la route du Pays Dogon au Mali (et depuis le 19 septembre dernier c'est un passage obligatoire des camions arrivant du Ghana pour le ravitaillement du Mali en vivres puisque la frontière Ivoiro-Malienne est également hermétiquement fermée. Même les convois organisés de rapatriés doivent traverser tout le Ghana et le Burkina Faso).

Devant Hôpital

La majorité des maisons sont en terre. Ville plutôt rurale, elle n'en est pas moins active de jour comme de nuit.

Entrée groupement NAAM

J'ai choisi cette destination qu'on m'avait indiquée pour deux raisons: voir la réalisation de projets par l'ONG suisse Nouvelle Planète et pour vérifier les dires de mon Guide du Routard.

"Où dormir?
Les 6s (Savoir s'occuper en saison sèche en savane sahélienne) ou groupement NAAM. Une excellente initiative du maire et dont beaucoup pourraient s'inspirer. Imaginez un vaste jardin bien ombragé avec plusieurs constructions: pour les chambres et dortoirs, tous spacieux et bien tenus; pour les activités des différentes associations qui y sont regroupée; pour la radio La Voix du Paysan..." (jumelée avec la Radio Suisse Romande depuis 1996)

Allée groupement NAAM
Cour groupement NAAM

Ambiance conviviale qui permet de plonger directement dans la vie locale. Nous espérons que cette adresse, une de nos plus intéressantes dans le pays, conservera l'originalité de son esprit initial et que la rançon du succès ne la transformera pas en un banal hôtel."

Et bien croyez-moi, tout cela est si vrai que j'y suis même resté plus longtemps que prévu. C'est vraiment une ville très agréable où personne ne vous harcèle pour mendier, vous vendre son artisanat ou ses aliments.

Figurants

Et durant mes trois jours dans cette ville, j'ai vraiment été guidé par ma bonne étoile pour tout ce que j'ai pu faire. Au centre justement se trouvait un groupe de volontaires suisses de Nouvelle Planète. J'ai donc profité de leur bus et de leur programme de visites pour me joindre à eux. Le premier jour il était prévu d'aller voir le tournage d'un film en brousse. Malheureusement, l'équipe étant tellement retirée, nous n'arriverons sur le plateau de tournage que lorsque tout le monde plie bagage.

Paysage de brousse

Nous les cherchions au bord de la route alors qu'en fait ils étaient au bord d'un tout petit sentier tout juste praticable en voiture. C'est le cas de dire perdu en pleine brousse.

Mais bon, ce n'est que partie remise. Comme les techniciens dorment dans le dortoir voisin du mien, nous partageons le thé le soir, et le lendemain matin je m'embarque à 6h avec toute l'équipe dans les véhicules.

C'est une chance inouïe de pouvoir participer à un tournage de film avec le célébrissime réalisateur Idrissa Ouedraogo... Comment? Ce nom ne vous dit rien. C'est pourtant le réalisateur burkinabé par excellence. On tourne ici "La Colère des Dieux".

Pour en savoir plus sur ce réalisateur, cliquez ici.
Pour tout connaître sur sa filmographie, cliquez ici.
Il a notamment réalisé la partie burkinabée pour le film 11'09''01 - September 11, film que j'ai d'ailleurs pu voir voilà 15 jours au Centre Culturel Français de Ouagadougou. Cela m'a ainsi permis d'avoir des discussions très intéressantes avec toute l'équipe

Silence on tourne
Dans les coulisses

J'ai été accepté parmi eux comme si j'avais toujours fait partie de leur équipe. Je rencontre même des scouts qui connaissent mes voisins de Ouaga.

Moi qui adore tout cet aspect technique du cinéma, j'ai vraiment été gâté.

On peut tout voir. Les acteurs dans les coulisses, la manière de diriger, les moyens très limités pour le tournage, les techniciens-acteurs...

Nettoyage de la caméra

Le réalisateur est burkinabé, les figurants sont pris dans le village même, les techniciens viennent de Ouaga, mais le directeur image est américain et les ingénieurs son et images ainsi que l'assistante de réalisation sont européens.

Quoi qu'il en soit les plus sympathiques restent les burkinabés.

Action

La manière de travailler peu paraître très artisanale et je me réjouis déjà de voir le résultat final, tant certains plans tournés me paraissent improvisés.

Mais malgré les apparences, chacun sait ce qu'il doit faire, même si parfois cela prend du temps.

En tous cas je me suis bien amusé durant cette matinée.

L'après-midi, je retrouve mon groupe de Suisses pour d'autres visites et découverte de la ville.

Cathédrale

Le lendemain matin je me rends sur le chantier de construction du projet suisse de Nouvelle Planète.

Non, ce n'est pas ça. Ici nous voyons la cathédrale en construction à l'entrée de la ville.

Chantier Nouvelle Planète

Le projet est bien plus modeste. Il s'agit de la construction d'un centre de formation constitué d'une salle de classe, d'un bureau et d'un économat.

Pose première pierre

Les fondations étant terminées, ce matin c'est la pose de la première pierre.

En tous cas, quand les Suisses sont là, le chantier avance bien plus vite.

Le barrage

Moi j'abandonne le groupe pour continuer ma visite en direction du barrage de l'autre côté de la ville.

Alors que normalement en telle période le lac doit faire plus de 4 kilomètres, il ne fait cette année déjà plus que 500 mètres en raison des faibles pluies de cet été. En ville les restrictions d'eau on déjà commencé.

Le jardin potager

C'est un employé du groupe NAAM qui me fait découvrir sa ville. Il me fait surtout visiter son potager le long du barrage où près de 50 personnes travaillent à produire de superbes légumes.

Le jardin potager vu du barrage

Mais rendez-vous compte du cercle vicieux. Bientôt le lac sera vide et ce sera la sécheresse. Les puits vont donc aussi se tarir et on ne pourra plus rien produire. Cela va donc induire un gros risque de famine pour cette région aride.

Sudio de radio "La Voix du Paysan"

Avant de rentrer à Ouaga dans l'après-midi, je profite encore de visiter la radio La Voix du Paysan avec un invité surprise.

Frank Musy présentateur de Tombouctou 52 jours

J'ai en effet la chance de pouvoir rencontrer Frank Musy, le présentateur de la RSR qui me fait tant rêver.

Il présente sur nos ondes helvétiques l'émission Tombouctou 52 jours. Au fil des jours il nous parle de ses voyages avec ses carnets de route, ses rencontres...

Et moi j'ai la chance de pouvoir le rencontrer sur le terrain, en plein milieu de l'Afrique, dans ce qu'on pourrait un peu appeler son deuxième domicile.

Voilà de quoi terminer de fort belle manière mon dernier grand voyage dans la province burkinabée avant d'attaquer la dernière ligne droite vers la Suisse.

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