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Lundi 9 septembre 2002
Afin de rassurer tous ceux qui s'inquiètent et si vous pouvez lire ces lignes, cela veut dire que je suis arrivé sain et sauf au Burkina et que je me suis gentiment installé à Ouagadougou, la capitale.
Je loge au centre des Guides scoutes du Burkina Faso, dans la banlieue de Ouagadougou. Le confort est très rudimentaire et ce n'est pas facile au début d'abandonner ses
réflexes européens pour se mettre à l'heure africaine. Chaque geste doit être réfléchi et il faut penser à tout, car rien n'est encore un réflexe (aller chercher l'eau au puits, penser
à beaucoup boire, se protéger du soleil et des moustiques, bien choisir ce que l'on veut manger, toujours bien nettoyer, repérer les divers lieux et personnes, découvrir les
coutumes locales...) Mais je n'ai pas le choix. Plus vite tout deviendra réflexe, plus vite la vie s'en trouvera agréable. Il faut aussi s'habituer à la chaleur qui m'accable au
moindre déplacement au soleil. Mais je crois que le plus dur au début est l'absence d'eau courante et de cuisine aménagée. Tout se fait au bidon devant la maison.
Une sacrée aventure commence pour moi et je pense qu'elle ne me laissera pas indifférent.
J'ai déjà eu l'occasion de partir durant le premier week-end à Bobo-Dioulasso avec des scouts qui avaient un séminaire.


Cela m'a permis de découvrir les paysages de la brousse au Centre de l'Afrique Noire et voir autre chose que la capitale.
Maintenant, c'est le travail d'informatique qui commence, au centre des Guides.
Dimanche 15 septembre 2002
De jeudi à samedi, je suis parti à Dédougou, afin de réaliser une des missions pour lesquelles je suis venu ici. Découvrez ce projet sur la prochaine page.
Vendredi 20 septembre 2002
Mercredi soir, un nouvel orage s'est abattu. En Europe, on est content lorsqu'on voit arriver le soleil, ici, on est content
lorsqu'on voit arriver la pluie. Mais les orages ici sont très violents. Et ils arrivent à n'importe quel moment de la journée ou
de la nuit. Toute vie semble s'arrêter. Alors que le ciel est bleu, les nuages arrivent en moins de 30 minutes. Puis un vent violent se lève et nous sommes pris dans une tempête de sable et de poussière.

Et moins de 10 minutes après, ce sont des trombes d'eau qui s'abattent dans un vacarme ahurissant. On dit ici qu'en fin
de saison des pluies, le tonnerre et les éclairs deviennent de plus en plus violents pour chasser la pluie et les nuages pendant de longs mois.
Jeudi 26 septembre 2002
Aujourd'hui, en attendant les élèves qui devaient venir suivre les cours d'informatique et qui ne sont jamais arrivés, j'ai décidé de vous faire visiter le Centre National de l'Association des Guides du Burkina Faso. Alors suivez le guide pour une visite détaillée.
Lundi 30 septembre 2002

Et oui, déjà un mois d'écoulé. Et une nouvelle semaine qui commence. Mais le week-end et les jours précédents ne furent
pas de tout repos. Ces derniers temps, l'actualité veut que les gens ne parlent que des troubles dans la République soeur de
Côte-d'Ivoire. A Ouagadougou, samedi des manifestants ont voulu s'attaquer à l'ambassade de Côte-d'Ivoire au Burkina,
à cause des accusations portées à l'encontre du pays par les journaux ivoiriens. Depuis, les alentours de l'ambassade sont bouclés.

Sinon, samedi j'ai eu la chance de pouvoir participer à un mariage dans la capitale. Bonjour la morale du prêtre durant son sermon. Et il fallait
voir la foule d'invités pour la collation. En voici quelques images:

Le cortège en ville m'a également permis de vous ramener quelques images de Ouagadougou que vous trouverez sur la page spéciale consacrée à la capitale.
Mercredi 2 octobre 2002
Dès aujourd'hui je me prends une semaine de vacances pour partir à la découverte du Sahel burkinabé, dans le nord-est du pays. Katrin, une autre scoute de Suisse au
Burkina pour 6 semaines m'accompagne. Nous prenons le bus le matin direction Gorom-Gorom, à 320 km de Ouagadougou.
Le trajet se passe sans encombres jusqu'à Dori.
Mais après les choses se gâtent. Dans le Sahel, il pleut autant qu'en France, mais toutes les pluies sont réparties sur 2 mois. Et nous sommes en période de pluies. Faire Dori-Gorom devient une véritable expédition, surtout que ce matin, la région a
essuyé l'orage le plus violent et le plus long des 5 dernières années. Cela commence par quelques flaques.

Puis il faut traverser les premières rivières
Le niveau de l'eau augmente et il devient de plus en plus scabreux de passer sans remplir le véhicule d'eau. Mais notre
chauffeur est téméraire, sympa et veut arriver à destination.

Malheureusement, alors que nous croyions être arrivés puisque que nous venons de franchir le panneau de l'entrée de la ville
de Gorom-Gorom, le dernier cours d'eau nous arrête. La folie des eaux a emporté la route et le bus ne peut plus passer.
Il ne nous reste plus qu'à tout décharger et à terminer le dernier kilomètre à pieds. Le chauffeur est vraiment déçu d'être
bloqué si près du but.
Les enfants et guides touristiques sont déjà là pour nous aider à transporter le matériel et nous mettre le grappin dessus.
Le temps que tout soit déchargé, il fait nuit. On met les sacs au dos, on
relève les pantalons et c'est parti pour la traversée de la rivière, suivi d'un kilomètre à pieds. Heureusement, le guide qui ne nous lâche plus arrête un
de ses amis en voiture et nous traversons de nuit le village inondé (un comble à l'entrée du désert) jusqu'à notre logement.
Finalement nous aurons mis 12 heures pour parcourir les 320 kilomètres nous séparant de Ouagadougou.
Jeudi 3 octobre 2002
Afin d'avoir rapidement la paix avec les guides touristiques (car avec l'aventure d'hier tout le monde sait que des Nassara - des Blancs en langue locale - sont arrivés), nous
organisons dès le matin le programme de nos deux prochains jours vers les dunes de sable. Le reste de la journée est consacré à la découverte de Gorom-Gorom et de son
marché du jeudi, le plus important du Sahel. Pour en savoir plus, visitez la page spéciale sur Gorom-Gorom

Vendredi 4 octobre 2002
Nous partons pour une randonnée de deux jours à dos de dromadaire avec nuit dans un petit village, Ménégou, aux portes du
désert, sur les premières dunes de sables. Suivez le guide pour cette randonnée.
Samedi 5 octobre 2002
Dernier tour du village et retour au bercail pour les dromadaires. De Gorom-Gorom, nous prenons alors la route pour Dori. Nous avons trouvé un 4x4 pour faire le trajet.
Heureusement, car à un endroit, la rivière est si gonfle que les bus et camions ne peuvent passer. Notre chauffeur tente la traversée. L'eau passe sur le capot et rentre par les
portières. Heureusement le moteur ne cale pas et nous passons. Plus loin, il décide de faire la course avec deux autres voitures sur la route défoncée. Tant pis pour la sécurité
des ses 10 passagers. Nous avons bien cru que notre dernière heure avait sonné. Je n'ai jamais eu aussi peur en voiture. Heureusement il doit interrompre la course lorsque,
suite aux nombreuses secousses, des bagages se détachent du toit et tombent. La distance est parcourue en moins de deux heures, un exploit. A Dori je dois retrouver Jean, à
qui j'ai donné les cours d'informatique à Ouaga. Il nous sert de guide pour cette ville. Venez découvrir sur la page de Dori les lieux qu'il nous a fait visiter.
Dimanche 6 octobre 2002
Nous quittons, après une dernière visite au marché, Dori pour Kaya. Sur la route, à nouveau traversée de villages, marchés, rivières et barrages, remplis par les dernières
pluies.

Nous devons rejoindre à Kaya une autre connaissance venue de Ouaga. Alors que tout le monde nous déconseillait d'aller
visiter cette région du Sahel, car il fait beaucoup trop chaud, avec tous les orages auxquels nous avons eu droit, cela fut
finalement la semaine la plus fraîche depuis que je suis arrivé au Burkina Faso. Le séjour fut donc très agréable.
Il fait presque nuit lorsque nous arrivons à Kaya dans la famille qui nous loge.
Lundi 7 octobre 2002
Aujourd'hui, départ à la découverte de l'Afrique profonde, à 2h de
mobylette, 22 km de la première maison électrifiée, vers un petit village nommé Pampa. Très petit, Pampa mérite néanmoins qu'une page spéciale lui soit consacrée pour vous le présenter.
Et comme vous pouvez vous en douter, le trajet nous a réservé à nouveau plein de surprises, surtout sur le chemin du
retour. Après seulement 15 minutes, les premières gouttes de pluie arrivent. On s'abrite sous un arbre. Ce n'est pour
l'instant qu'une fausse alerte. En 5 minutes, tout s'arrête et on reprend la route. Mais, alors que nous sommes à encore 30 minutes du centre de Kaya, de nouveaux nuages s'amoncellent au-dessus de nous.
Puis le vent se lève, violent et de face.
La pluie ne va pas tarder, et cette fois un arbre ne suffira pas à nous abriter. Katrin qui conduit la mobylette a le regard fixé sur le sentier alors
que moi, assis à l'arrière sur le porte-bagages je lui indique le meilleur chemin entre les cailloux et cherche en vain une
construction pour s'abriter. Heureusement, alors que la pluie commence à tomber nous voyons les premières habitations de
Kaya. N'ayant pas envie d'être mouillés comme à Ménégou avec les dromadaires, on s'arrête sous le porche du premier
bâtiment que nous trouvons. C'est un ensemble de 3 bâtiments circulaires dont les portes sont ouvertes. On pose la mobylette
contre le mur et on se met devant la porte. Et alors là surprise: 120 petites têtes noires se tournent vers nous et nous fixent du
regard. Nous avons atterri en pleine salle de classe. On pourrait se croire en plein film hollywoodien tellement tout cela paraît
irréaliste. Mais nous étions tellement préoccupés par notre souci de nous mettre à l'abri que nous n'avons pas réalisé tout de suite où nous arrivions.
C'est le premier jour de la rentrée scolaire. La pluie est si forte sur le toit de tôle que l'on ne s'entend plus parler. Le cours de
français est interrompu pour laisser place au cours de dessin. Puis la maîtresse vérifie la liste des présences. Avec près de 120
élèves dans la classe bonjour les doublons dans les noms et prénoms. Je crois qu'il ne doit pas avoir moins de 8 Fatimata Ouedraogo dans la pièce.
Le temps que l'orage passe et c'est la fin des cours. Les enfants se précipitent vers le cours d'eau nouvellement formé où nous passions avant avec la mobylette.

L'image qui s'offre à nos yeux est magique. Je ne peux m'empêcher de filmer et c'est alors que se déclenche l'effet caméra. "Nassara, photo". Et je me retrouve entouré par 500 enfants.
Nous reprenons ensuite notre route jusqu'au domicile de notre famille d'accueil.
Mardi 8 octobre 2002
Avant de rentrer à Ouaga, nous en profitons pour visiter la ville de Kaya et aller voir l'évolution d'un projet scout de plantation d'arbres réalisé cet été. Lisez le compte rendu sur la page de Kaya.
Nous rejoignons Ouaga en fin d'après-midi. Cette fois enfin le trajet se passe sans encombres (ou presque). Le souci fut au départ, le moteur ne voulant pas démarrer. Mais
après que les employés de la compagnie eurent poussé plusieurs fois le bus sur le parking, il a bien voulu démarrer.
Je suis content d'être de retour chez moi. C'est fou ce que voyager peut être fatiguant et réserver moultes surprises. Mais cette semaine fut vraiment la plus belle de mon séjour.
Dimanche 13 octobre 2002

A peine un jour de repos mercredi à Ouaga et je suis reparti jeudi pour Dédougou afin de faire avancer le projet de l'école de
couture et ne suis donc rentré que dimanche soir. Ce fut vraiment un week-end efficace, car nous avons pu voir toutes les personnes concernées par le projet sur place. Je vous laisse le soin de lire le compte-rendu de cette deuxième visite.
Dernier petit tour en taxi (peu chargé) pour rentrer depuis la gare routière jusqu'au centre.
Mercredi 23 octobre 2002
Le retour de notre visite dans le Nord (ou devrais-je plutôt dire l'expédition) fut plus pénible que prévu. J'ai fait une semaine
de repos forcé avec quelques jours au lit (nourriture, fatigue, palu, il y a tant de moyens d'être malade ici). Mon travail et mon
site ont pris du retard dans la mise à jour (surtout que comme le modem est en panne au centre des guides, je dois aller ailleurs pour faire la mise à jour sur le serveur).
J'ai retenu une chose (avec tous les problèmes que j'ai pour les transferts sur disquettes), c'est que la poussière, le sable et la chaleur (sans oublier les orages avec la foudre) ne
font pas bon ménage avec le matériel informatique.
Samedi, j'ai profité d'une brève connexion à Internet pour participer au JOTI (Jamboree on the Internet), un grand rassemblement scout mondial virtuel. J'ai pu discuter avec
des scouts canadiens, français et suisses ayant aussi fait un séjour au Burkina. Cela m'a permis d'entrer aussi en contact avec le groupe scout voisin de Romont qui y participait
également.
Mardi 29 octobre 2002
Enfin, après avoir fait de nombreuses modifications au site sans le publier (pour cause de voyage et maladie), le voilà enfin sur le domaine public. Afin de ne manquer aucune
des dernières modifications depuis la dernière publication, je vous invite à reprendre la lecture des dernières nouvelles depuis le mercredi 2 octobre.
Et pour vous remercier d'avoir patienté aussi longtemps, je vous offre en prime de nouvelles images sur la page de Ouagadougou.
Autrement, j'ai du mal à croire qu'en Europe on est passé à l'heure d'hiver. Ici on n'a plus vu une goutte de pluie depuis 15 jours et le thermomètre dépasse allégrement les 30 degrés.
Mais nous nous dirigeons gentiment vers la saison froide (décembre, janvier) où les températures peuvent descendre jusqu'à 18 degrés la nuit. C'est la période de
l'Armanthan, un vent poussiéreux. L'atmosphère ici devient irrespirable tant elle est chargée de poussière et de pollution. Sur
le boulevard, on ne voit pas l'autre extrémité tant c'est brumeux. C'est un peu comme le brouillard genevois en cette période,
mais ici ce n'est pas dû aux nuages. Même les couchers de soleils sont ternes.
Maintenant que la moitié du séjour est écoulé, j'ai l'impression que les jours défilent encore plus vite. Jamais je n'aurais le temps de faire tout ce que je veux faire et voir.
Dimanche soir, j'ai été à la maison du peuple pour le concert de Yeleen, le groupe Burkinabé de moment. Ils ont été sélectionnés pour représenter le
Burkina le 2 novembre prochain au CORA en Afrique du Sud (l'équivalent de notre concours Eurovision). C'était une ambiance magique. 3h30 de
musique avec 8 groupes différents (Yeleen occupant la majeure partie, soit 1h30). La découverte du Burkina c'est aussi ça.
Ce concert leur servait à récolter les fonds pour payer leur voyage en Afrique du Sud.
Dimanche 3 novembre 2002
Aïe, aïe, aïe, plus qu'un mois déjà. Maintenant que je profite pleinement de la vie burkinabée, voilà la fin du séjour qui approche à grands pas. Tous mes soucis de début de séjour sont maintenant devenus des réflexes et je suis de moins en moins surpris par ce que je vois. Mais malgré tout, chaque chose que je désire entreprendre demande
beaucoup de temps.
Je continue à passer une partie de mes semaines au chevet des ordinateurs des responsables nationaux des guides et au bureau pour les cours
d'informatique (avec les élèves qui tiennent encore le coup), l'autre partie étant toujours réservée à la découverte du Faso. Et
comme cette dernière est beaucoup plus intéressante, c'est cela que je préfère vous faire partager.
Alors que certains visitent cette semaine le comptoir gruérien à Bulle, moi aussi j'ai droit à ma foire. Ces jours se tient à
Ouagadougou l'événement de l'année, à savoir le Salon International de l'Artisanat de Ouagadougou (SIAO). Comme c'est un événement à ne pas manquer pour un étranger, je vous invite à venir le visiter avec moi.
Mercredi 6 novembre 2002
M
aintenant que le SIAO a fermé ses portes, c'est un autre événement, sportif cette fois, qui fait la une de l'actualité au Faso.
Alors qu'en Gruyère se prépare la corrida bulloise, ici c'est le tour cycliste du Faso qui est à l'honneur. Pourquoi a-t-il lieu en novembre? Pour éviter
la chaleur. Et comme il fait encore trop chaud la journée, le départ des étapes se fait à 8h avec une arrivée vers 12h. Et ici, pas de maillot du
meilleur grimpeur (la colline la plus haute arrive peut-être à 600 mètres). Comme la logistique de l'organisation est assurée par la même société qui
organise le Tour de France, il est donc normal de retrouver le même sponsor pour le maillot jaune, la même marque de voitures pour les véhicules officiels et la même compagnie pour les dépannages neutres.
Il s'appelle Tour du Faso, même si la configuration des étapes ressemble plus à un jeu de piste en étoile autour de Ouagadougou (il faut dire que le
tracé s'établit en fonction des routes goudronnées, et non des villes qui se portent candidates pour une étape). Je vous laisse juger par vous-mêmes en regardant le profil des étapes sur le site officiel du Tour du Faso 2002.
Comme aujourd'hui le départ de l'étape était donné juste à côté de chez moi, j'ai fait l'effort de me lever tôt pour être sur
place à 7h. J'ai bien fait d'être en avance, car le spectacle n'était pas la course, mais le travail des policiers pour fermer la
route. A 7h30, tout le monde rejoint le centre-ville pour aller travailler. Les policiers ont beau envoyer les voitures et
centaines de mobylettes vers une route parallèle, sitôt le dernier policier passé tout le monde revient sur la route goudronnée
jusqu'au prochain contrôle. En résumé, personne n'obéit. La route ne sera sécurisée qu'au dernier moment, et parce que la
circulation est devenue beaucoup moins dense. Et de fait, vu le nombre de personnes qui travaillent dans la rue ou qui se déplacent à pied, il y toujours beaucoup de monde pour regarder passer le Tour.
Le peloton s'élance depuis le centre ville, mais le départ réel (kilomètre 0) a lieu sous mes yeux. Ici on ne se fatigue pas à mettre une grande
infrastructure. La voiture avec les pancartes arrive 15 minutes avant les coureurs et on demande à 2 spectateurs de tenir les panneaux.

Puis la caravane (dont vous apercevez ici les deux véhicules les plus originaux) passe

Suivie de près par le peloton et un commissaire de course qui actionne le drapeau du départ.
Jeudi 7 novembre 2002
Vous avez l'impression qu'on s'amuse bien ici. Certes, il y a vraiment beaucoup de bons moments et c'est ce qu'il me plaît à vous faire partager. Mais ce n'est pas tous les
jours facile d'être un Nassara (un Blanc en dialecte local) au milieu des Africains et de côtoyer tant de misère tous les jours et aujourd'hui j'ai envie de vous parler de cet
aspect moins féérique. Tous les jours, il faut savoir dire NON aux nombreuses sollicitations, sinon on est cuit. Il faut faire attention à tout ce qu'on dit aux gens qui nous
adressent la parole dans les rue. Et face aux enfants, c'est vraiment dur. De plus il est toujours difficile de savoir jusqu'où va la sincérité des paroles envers nous.

Face à ces gens, on est obligé de changer nos habitudes de vie. Bien des choses que je peux faire en Suisse me paraissent
ici complètement déplacées. Par exemple, plutôt que de jeter un fond de nourriture, je le donne à mon voisin. De même,
chaque bouteille, chaque boîte de conserve est récupérée, car elle peut servir de récipient ou d'entonnoir à quelqu'un
d'autre. Avant chaque achat, je me pose la question pour savoir si j'en ai vraiment besoin. Ici c'est totalement l'inverse de
notre société de consommation. Chaque dépense est longuement réfléchie. De même il est très difficile de boire un verre
l'esprit tranquille dans une buvette alors que devant vous passent des enfants nus pieds et habits en lambeaux qui mendient pour un peu de nourriture.
On ne peut pas ne pas voir la misère et on ne peut pas rester insensible. C'est ça le quotidien (avec ses bons et ces mauvais
jours). Et ici les vautours (tels les bandes dessinées de Luky Luke) nous guettent à chaque angle de rue. Depuis un pays en
voie de développement, on a une toute autre vision de la vie en Europe, certains jours à me donner honte de voir de quelle
manière nous agissons chez nous. On ne se rend pas toujours bien compte de quelle chance nous avons avec notre milieu de
vie et on ferait bien parfois d'être un peu moins exigeant et égoïste. Un tel séjour est vraiment une riche expérience et une très bonne école de la vie que bien des gens devraient essayer.
Dimanche 17 novembre 2002
Mon travail d'informatique m'a emmené cette fois en province. Alors que des membres du bureau national se rendaient le week-end dernier à Manga pour la formation des
guides, moi je les accompagnais pour m'occuper de l'ordinateur de la paroisse. Cela fut surtout l'occasion de visiter le pays Gourounsi pendant 4 jours. Accompagnez-moi dans les rues de Manga.
Au retour le mardi, nous en avons profité pour faire une boucle sur Tiébélé donc vous pouvez admirer les maisons peintes ainsi que sur la région de Pô jusqu'à la frontière du Ghana. Puis j'ai repris mon travail d'informatique et de soutien au bureau des guides.
Samedi 23 novembre 22
A deux semaines du retour en Suisse, j'ai décidé de m'octroyer un dernier grand voyage à travers le Faso. Je suis donc parti mardi en direction de La Todin pour visiter un
jardin d'enfants.
J'en ensuite continué ma route sur Ouahigouya pour les 3 derniers jours. Que de surprises et d'aventures j'ai pu vivre. Jamais en partant mardi je n'aurais imaginé que je puisse
faire autant en 5 jours.
Dimanche 24 novembre 2002
A peine rentré et comme le temps m'est désormais compté j'ai décidé de repartir à nouveau, mais une journée seulement cette fois. Destination : Bazoulé. Pourquoi ? Je vous laisse le découvrir sur la page de Bazoulé.
Mardi 26 novembre 2002
Et oui, dans une semaine sonnera le glas pour mon séjour africain. Fini donc les découvertes, les voyages imprévisibles, il faut penser maintenant au retour : dernières
vérifications des ordinateurs, dernières visites de personnes, derniers tours au marché. 3 mois se sont écoulés, mais maintenant il me semble qu'ils sont passés trop vite ou qu'on m'a volé quelques jours.

J'appréhende un peu le retour en Suisse. Comment supporter notre froid hivernal alors qu'ici à plus de 20° j'ai déjà froid le
soir ? Comment vais-je pouvoir supporter la pluie alors qu'ici je n'ai plus vu une goutte depuis bientôt deux mois et que le
soleil brille en permanence ? A nouveau le rythme de vie va changer. Réponse à toutes ces questions dans un peu plus d'une semaine.
Pour l'instant ici, c'est encore l'occasion de quelques réunions et cours d'informatique
Samedi 30 novembre 2002
J-3 avant le départ et le retour vers le froid. C'est dommage de devoir partir, car à nouveau la semaine fut riche en nouvelles
rencontres et visites. Mais bon c'est comme ça. L'autre suissesse qui logeait avec moi est repartie jeudi. Ce fut l'occasion
mercredi d'une dernière soirée suisse (avec dialogues en allemand accompagné de Toblerone à la lueur des bougies) avec un air burkinabé (par la musique, le drapeau et la pastèque).

En tous cas je n'ai pas envie de rentrer à voir le coup de déprime que Christine me transmet seulement deux jours après son
retour. J'ai donc ainsi profité d'un dernier concert de musique africaine (djembé, tam-tam et balafon) chez un ami de la
DDC (coopération suisse) de Ouaga jeudi soir suivi d'un succulent souper avec notamment la salade de fruits frais (ananas,
bananes, pastèque, orange…) et le jus de bissap. Encore deux trois tournées en ville, 3 couchers de soleil et bye-bye Africa
. Le sac est d'ailleurs déjà en partie rempli. Aujourd'hui je n'ai envie de voir plus que les côtés positifs de la vie ici et je ne
vois que les mauvais côtés du retour en Suisse. Mais je pense que quelques jours après avoir retrouvé mon luxe helvétique je vais changer d'avis. A bientôt.
Dimanche 15 décembre 2002
Salutations à tous depuis le froid helvétique. Et oui, l'aventure africaine s'est terminée. Après plus de 3 mois de découvertes et de rencontres, me voilà de retour en Suisse.
Séjour avec des hauts et des bas, des bons et des mauvais jours, mais ce fut une expérience très enrichissante et je ne peux qu'encourager certains à vivre de tels moments.
Les images étant extraites à partir d'une caméra vidéo VHS, la qualité n'est pas optimale. Veuillez m'en excuser, mais je fais avec les moyens du bord.
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